Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 22:49



Les jours suivant se passèrent sans incident, sans écart de conduite d’Etienne et sans paroles déplaisantes de Jérôme. Au contraire, ils se comportaient tous les deux comme de parfaits gentlemen, et même si j’avais trouvé ça étrange le premier jour, mes craintes et mes angoisses s’étaient peu à peu effacées, comme un mauvais rêve qu’on oubli avec le temps.

Au vendredi de la deuxième semaine de travaux nous avions pratiquement fini l’intérieur de la maison, seule une des trois salles de bain n’était pas « opérationnelle » mais c’était bien sûr sans importance. J’avais à présent une magnifique cuisine et un immense salon, je ne pouvais que m’en réjouir !

Il était 19h et nous avions pris la sage décision de « tester » le nouveau mobilier du bar, prenant chacun un tabouret et une flûte de champagne. Cette fois-ci nous avions un prétexte, nous fêtions la fin de la première étape des travaux, en attendant de commencer les réaménagements extérieurs tels que la terrasse, la grange-garage mais surtout la piscine.

La soirée continua au salon, où nous dégustâmes de succulentes pizzas mal accompagnées de champagne, le tout devant un film incontournable. C’est l’histoire d’un type qui en a marre de sa petite vie bien rangée et qui en vient à ce créer un ami imaginaire l’entraînant dans une nouvelle existence très particulière, sur fond de révolution sociale. Après ça les garçons voulurent regarder 300 mais j’avais déjà du mal à garder les yeux ouverts, je décidais donc de monter me coucher.


J’émerge d’une longue torpeur. Je sens le contact froid du métal sous mon corps. Je suis allongée sur une table d’opération chirurgicale, comme on en trouve chez les vétérinaires. J’esquisse un mouvement pour me lever mais mes mains sont entravées par un lien très serré. A tâtons je cherche quelque chose de tranchant et mes mains se blessent sur un objet. Je coupe la corde avec le rasoir déjà maculé de sang. De qui est-ce le sang ? Je m’assieds au bord de la table. Je ne porte qu’une fine culotte noire. Où sont passés mes vêtements ? Je regarde autour de moi, puis en face de moi et je découvre le visage atrocement mutilé d’une jeune fille, apparemment entaillé par de violents coups de lame. Je sursaute. La jeune fille en face n’est autre que mon reflet dans un miroir. Un long mur réfléchissant comme dans une salle d’interrogatoire. M’observe-t-on de l’autre côté ? Peu importe, je dois sortir de là !

J’ouvre la porte. Un homme est là. Une phrase sort de sa bouche tordue en un rictus terrifiant. « J’avais envie de démolir quelque chose de beau ».



« -Gaby, Gaby qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce que tu as ? Réponds-moi !

Abasourdie je découvris autour de moi le décor familier de ma chambre. J’étais dans mon lit, auprès d’un Jérôme paniqué de m’avoir entendu crier dans mon sommeil.

J’étais trempée de sueur et mon cœur battait à tout rompre. Je mis quelque minute pour me calmer et ne trouvais rien d’autre à répondre à Jérôme qu’un banal :

- ça m’apprendra à regarder Fight Club avec vous avant de dormir… »


Je n’avais pas pu raconter mon cauchemar à Jérôme, même s’il m’avait bouleversé, je m’étais ensuite sentie un peu ridicule. Mon imagination travaillait la nuit pour mieux me faire angoisser la journée. Je restais longtemps hantée par le sourire morbide d’un Etienne psychopathe s’amusant à me défigurer dans mes égarements oniriques.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 22:53



Le lendemain j’étais encore un peu brassée et fatiguée par ma nuit très agitée. Comme je n’étais pas d’un grand secours pour les travaux d’extérieurs je décidais de rendre vite à une amie qui habitait à une trentaine de kilomètres de là. Il s’agissait d’une amie d’enfance. Nos chemins s’étaient séparés durant quelques années lorsque ses parents avaient décidés de déménager, et puis elle était revenue faire ses études dans la région, pour mon plus grand bonheur.

La route jusqu’à la ville était assez dangereuse mais je la connaissais par cœur. Jérôme avait tout de même insisté pour que je l’appelle à mon arrivée ainsi que lorsque je reprendrai la route. Je comprenais sans mal ses inquiétudes puisque je vivais les mêmes dès qu’il s’absentait.

Une fois arrivée je rejoignais mon amie à son travail. Elle avait une petite boutique de produits issus de l’agriculture biologique. Je ne savais pas si ça marchait bien pour elle, je décidais donc de faire tourner un peu son commerce en faisant quelques achats. Et c’est entre les salades et les bananes que je lui racontais la vie dans notre nouvelle maison, mais aussi et surtout les agissements d’Etienne. Elle au moins me comprendrait, j’en étais certaine. Je lui racontais également mon cauchemar, et ça la fit frissonner. Elle ne savait pas quoi me conseiller, et regrettait vivement que Jérôme ne donne pas plus de crédit à mes peurs concernant Etienne. La solution que me proposait Laura était de retourner chez mes parents jusqu’à la fin des travaux. Je n’aurais qu’à prétexter une grande fatigue ainsi que mon inutilité dû à l’absence de muscles dans mes bras pour creuser la piscine.

A bien y réfléchir, je ne pouvais pas demander à Etienne de partir avant les autres, et nous avions trop besoin de tout le monde pour finir ce que nous avions commencé, c’était donc à moi de plier bagages quelques jours en espérant que Jérôme comprendrait.

Je rentrais tard ce soir-là. Laura m’avait invité à manger dans son petit appartement de célibataire endurcie, plutôt « Sex and the city » que « Bridget Jones », et nous avions papoté durant des heures comme au bon vieux temps. J’allais bientôt me marier, un bébé n’était pas une idée qui m’effrayait, alors que Laura faisait tout pour ne pas s’attacher à un homme et envisageait d’adopter un petit chat. Mais malgré cela nous étions très complice et nous nous comprenions mieux que des sœurs.

C’est sur le coup des 23h que j’appelais Jérôme :

« - Je pars seulement de chez Laura, je serais là un peu avant minuit je pense… Bisous mon amour, je t’aime fort ! »


Je n’aimais pas rouler de nuit, j’étais aveuglée par les phares des autres voitures et ne voyant pas le bord droit de la route j’avais tendance à rouler un peu au milieu. Mais je conduisais une petite voiture et j’avais l’habitude de prendre cette route.
J’étais à dix minutes de la maison lorsqu’une ombre surgit à ma gauche. Prise par surprise je braquais et freinais en même temps.
Choque.
Respiration coupée, douleur atroce à la poitrine.
Impression d’être prise dans un étau.
Tout s’éteint.
Trou noir.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 22:56



Selon les médecins j’avais percuté un arbre et perdu connaissance quelques secondes après. L’airbag ne s’était pas très bien ouvert, ma poitrine avait donc heurté le volant, me brisant quatre côtes et me coupant la respiration quelques instant. Mon visage était bleui et gonflé par le choc de l’airbag mais je n’avais rien de grave. Mes amis, s’inquiétant de mon retard, étaient venus à ma rencontre et m’avaient trouvés encastrée dans l’arbre. Ils avaient appelés les secours et s’étaient assurés que je vivais encore mais j’étais restée inconsciente pendant près de deux heures.

Mon réveil à l’hôpital avait été douloureux, j’avais essayé de me redresser et la souffrance provoquée par mes côtes m’avait donné des vertiges. C’était la première fois que j’avais un accident, je n’avais jamais été à l’hôpital auparavant. Rien que la vision du cathéter me donnait la nausée.

Jérôme allait passé la nuit à mes côtés, et nous rentrerions à la maison le lendemain après-midi, dès que j’aurai passé les incontournables scanner et IRM.

Nos amis étaient venus, ne supportant pas d’attendre des nouvelles de moi depuis la maison. Quand ils me surent hors de danger ils repartirent, nous laissant seuls. Alors Jérôme m’avait raconté l’accident. J’avais été surprise par un animal sauvage, une biche ou un sanglier, et j’avais quitté la route pour atterrir dans un magnifique pommier. Vers minuit il avait commencé à s’inquiéter mais s’était rassuré en pensant que j’avais traîné pour dire au revoir à mon amie. Minuit et quart, il s’était mis à tourner en rond dans la cuisine, et les autres n’avaient pas su le rassurer. A minuit et demi ils étaient tous d’accord pour déclarer qu’il m’était arrivé un pépin, ils avaient donc pris les voitures et m’avaient assez vite retrouvée, plantée dans mon pommier.

J’étais en vie. Rien d’autre n’avait d’importance.

Et je sombrais dans un sommeil de plomb, bénissant les somnifères qu’on m’avait forcé à prendre.


Le lendemain mes derniers examens médicaux n’avaient rien révélé d’anormal, je pouvais donc rentrer chez nous. Les médecins m’avaient conseillé de rester allongée le plus souvent possible afin que mes côtes puissent se ressouder plus rapidement. Je devais également m’appliquer diverses pommades sur le visage pour le désenfler, et j’avais une crème fortement teintée pour dissimuler mes bleus afin de ne pas faire peur à mon entourage. Le « seul » point négatif était que je ne pourrais pas aller chez mes parents, ils habitaient à plus de cent kilomètres d’ici et je devais éviter à tout prix de long trajet en voiture. J’allais devoir passer ma convalescence chez nous, ce qui compromettait fortement mes dernières résolutions. Bien sûr Jérôme allait s’occuper de moi comme d’une reine, et les autres seraient également des anges, mais j’appréhendais un peu le comportement d’Etienne, d’autant plus que je ne pouvais pas beaucoup bouger, ni crier, et encore moins paniquer ! Des mouvements respiratoires trop rapides, trop saccadés, renforceraient la douleur provoquée par mes côtes brisées. Pour éviter le sommeil agité et donc les cauchemars je devais prendre des somnifères, et je pouvais également prendre des anti-douleur lorsque celle-ci deviendrait trop intense.


En arrivant à la maison j’eus une magnifique surprise qui me mis les larmes aux yeux.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 23:02



Un grondement de loup.

La porte tremble : l’animal à l’intérieur s’est jeté dessus – avant de reculer en hurlant de rage. Anna recule de deux pas sans parvenir à faire demi-tour. Un choc sourd retentit à coté d’elle. C’est un rasoir en argent planté dans la porte. Elle se retourne enfin. C’est Will, bien sûr, qui a lancé son arme et à présent toise la femme, poings sur les hanches et sourire cynique aux lèvres.

Un nouveau grondement retentit derrière la porte, celui d’une bête qui s’étrangle de fureur sans parvenir à se mettre à aboyer. Mais Anna n’ose pas fuir. Will l’effraie tout autant que le monstre. Le rasoir s’est planté à dix centimètres de sa tête.

« Si tu veux entrer, dit-il, tu vas avoir besoin de ça.

_ De… de quoi ?

_ Du rasoir. Je te l’ai dit, c’est de l’argent massif. Très efficace contre les loups-garous.

_ C’est… c’est un loup-garou là-dedans ? Un vrai ?

_ Je te déconseille de vérifier. »

Les loups-garous ça n’existe pas les loups-garous ça n’existe pas les loups-garous ça n’existe pas ça n’a jamais existé ça ne peut pas exister. Ainsi pense Anna qui se dit que Will se moque d’elle. Mais elle y croit. Sa tête peut bien refuser l’existence du monstre, son estomac lui y croit, son échine aussi, ses cheveux qui se hérissent également, et tout son corps lui dit : fuis, tu vas te faire dévorer. Car les monstres qui depuis notre enfance nous guettent de dessous le lit ne tuent pas, ils ne mangent pas, ils dévorent, et le mot à lui seul suffit à donner le frisson. Donc non, Anna ne va pas vérifier. Elle a honte et s’écarte. Will récupère son rasoir et lui souhaite une bonne nuit. Il joue avec l’arme nonchalamment tout en retournant s’asseoir dans l’ombre de la maison. Apparemment il va veiller ici toute la nuit. Au-dessus du toit la pleine lune brille de mille feux.

Le lendemain matin, Anna est épuisée, elle n’a pas réussi à se rendormir et a passé la fin de la nuit anxieusement penchée sur Les Enfants de la Nuit, sur le chapitre des loups-garous. Sa lecture ne lui a pas permis de chasser définitivement ses doutes, ni dans un sens ni dans l’autre. Ce matin elle se dit que ça n’a plus tellement d’importance. Elle prépare rapidement ses affaires et descend le plus silencieusement possible à la cuisine pour prendre quelque chose à boire avant d’aller au village prendre sa moto. Elle parvient à s’orienter correctement pour la première fois depuis qu’elle est ici et espère pouvoir partir sans avoir à dire adieu à quiconque… Evidemment ce n’est pas le cas. Tata Isobelle et Rosita s’activent déjà à la cuisine, tandis que Will affalé sur la table demande désespérément de quoi se réveiller. Ils saluent Anna tous les trois et Isobelle lui fourre d’emblée une tasse entre les mains. Anna boit en espérant qu’il s’agit de la même tisane que la veille… perdu, celle-ci sent la terre et a un goût très amer. Mais Isobelle la foudroie du regard et Anna finit sa tasse. Très rapidement sa fatigue s’envole. Will a eu la même chose et parait à présent aussi plein d’entrain qu’un cocaïnomane.

« Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? demande Rosita.

_ Je vais récupérer ma moto et partir le plus tôt possible.

_ On peut venir avec toi ? demande Will qui pour une fois ressemble à un gamin. Oh dit oui dit oui dit oui s’il te plaît !

_ D’accord, avec plaisir.

_ Ah, la moto… soupire Isobelle. J’ai toujours adoré ça, mais maintenant que mes vieilles jambes n’aiment plus que je trotte toute la journée, ce n’est plus seulement un plaisir, c’est vital !

_ Tu dis ça, la gronde joyeusement Rosita, mais tu n’es pas obligée de foncer comme une folle sur les routes ! Un de ces jours tu vas avoir des ennuis…

_ Bah, je n’ai pas le permis ! Et puis je n’y vais pas si souvent… plus trop envie de quitter la maison ces jours-ci…

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 23:44

Chapter 13 : Cartoons

Loretta regardait distraitement par la fenêtre de sa chambre d’hôpital. Un vent bref faisait flotter de temps à autre les rideaux. Ses doigts faisaient des va-et-vient dans la chevelure de la poupée assise sur ses genoux, au rythme des explosions que produisaient le flash de la télévision. Mais elle ne les entendait pas, les yeux plongés dans le vide qui bordait le bâtiment.

La porte s’ouvrit et Lorenzo entra, portant un nouveau bouquet de fleur. Cela faisait deux jours qu’elle était là et à chaque visite il remplissait le vase miniature prêté à contrecoeur par l’hôpital. La poupée dont Loretta lissait les cheveux se débattit et sauta dans les bras de son grand frère. Puis, sa grande soeur ayant changé de position pour voir le nouvel arrivant, elle dû s’asseoir sur la chaise aux côtés du lit. Il lui demanda : “Alors, ça va mieux aujourd’hui ?”

La convalescente hocha la tête, remontant le bord du drap pour cacher les bandages de sa blessure. Son regard tomba sur les images de la télévision et resta obnubilé par l’écran. Renonçant à en savoir plus, Lorenzo se tourna vers sa petite soeur pour lui proposer un jeu. Mais la petite fille protesta vivement, prétextant qu’elle regardait un dessin animé. Forcé de suivre les cartoons avec elle, il s’assit sur le rebord de la chaise, écoutant les explications de sa petite soeur :

“En fait, c’est un gros policier qui fait que manger des beignets ! Et puis maintenant c’est les beignets qui veulent manger le policier !”

À l’écran un énorme donnuts poursuivant le malheureux cochon en uniforme de police qui tentait de traverser un port plein de crocodiles habillés en marin. La petite fille se mit à rire quand il réussit à coincer la pâtisserie dans une cage à poisson, le jetant à la mer, s’en servant comme d’un hameçon à baleine. La fin de l’épisode se termina alors que le cochon policier entrait dans une pizzeria. Le fondu en noir rétrécit sur l’un des poivrons de l’enseigne du restaurant, armé de dents et de couteaux. La petite fille riait aux éclats, tandis que Loretta restait à admirer les couleurs changeantes de l’écran. D’un coup, elle se tourna vers son frère et lui demanda :

“Et ta copine, là, la petite française. Tu crois qu’elle viendra me rendre visite un jour ?

_ Je sais pas. Tu sais, je la connais pas depuis longtemps. Et puis elle n’était pas dans sa classe aujourd’hui. Je sais plus si j’ai vu Julian non plus.

_ Tu sais, tu devrais aller la voir. Je voudrais bien qu’elle vienne aujourd’hui.

_ C’est un peu tard pour ça, non, tu ne crois pas ? Mais si tu veux, je lui proposerais.”

Il n’était pas sûr de pouvoir tenir sa promesse, mais si cela pouvait lui rendre un tant soit peu de sourire, il s’obligerai à passer outre la timidité. D’ailleurs, il se sentait mal de ne pas l’avoir vu. Il aurait voulu l’accompagner sur le chemin du retour, comme la veille. Non, décidément, sa présence lui manquait trop. Il se décida à faire un détour avant de rentrer chez lui. Son grand-père ne voulait pas qu’il traîne trop tard le soir, surtout en ce moment, mais il était décidé à faire vite.

Embrassant ses deux soeurs sur le front, il déguerpit, promettant de revenir assez vite. Il refit le chemin inverse et arriva tout essoufflé devant le portail de chez Julian. Il aurait voulu cogner à la fenêtre de Méline mais il ne savait où sa chambre se situait. Respirant fort pour se calmer, refusant de faire demi-tour après tant d’efforts sur lui-même, il alla sonner à la porte. Une démarche traînante se fit entendre et une femme lui ouvrit. Quand elle se rendit compte de qui était à la porte, elle ouvrit grand la bouche, sans dire un mot. Puis secoua la tête et referma le battant aussi sec.

Incrédule, Lorenzo essaya de comprendre ce qui venait de se passer. Ce devait être la mère de Julian et Méline, et l’ayant reconnu elle lui avait proprement claqué la porte au nez. Il insista, effrayé par sa propre témérité. Cette fois la démarche fut lourde et menaçante, accompagnée de cris féminins suppliants. Il ne comprit pas les phrases pleines de hargnes que l’homme prononçait derrière le battant qui s’ouvrit d’un seul coup.

Lorenzo eut juste le temps d’éviter le coup violent de batte qui envoya bouler un impressionnant morceau de crépis qui se trouvait juste au-dessus de sa tête.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:32



Ce sont des bruits de talons sourds qui au fur et à mesure paraissent se rapprocher d'elle qui lui agressent l'oreille et la réveillent brutalement.

  -Naïaaaan!!! beugla sa mère. "Bouge ton cul fainéante, tu sais qu'elle heure il est ? T'as cru que la bouffe allait s'faire toute seule ??"

  Ses yeux se posèrent sur les horribles pantoufles à pompons roses bonbons vieillis qui portaient tant bien que mal d'énormes doigts de pieds sales et mal coupés.

  - Naïan, où est passé la tige? lui demanda t-elle d'un air accusateur. Elle fronçait ses sourcils noirs, ce qui ne prévoyait rien de bon, pensa t-elle.

  - Mais... de.. quoi ? Quelle tige? dit-elle en se relevant difficilement sur le bord de son lit, les yeux encore collés par la fatigue.

  - Tu t'fous de moi ?! Quand j’vais la r’trouver tu vas y tâter jusqu'à c’que ça t'y sera gravé dans la chair!! hurla sa mère dévoilant une bouche qui était un vrai chantier vivant, un vrai supplice pour sa fille qui rien que pour ne pas à avoir à le supporter encore adhérait au moindre mot.

  Naïan avait l'habitude de ces réveils assez brutaux. Sa mère rentrait sans frapper quel que soit l'heure, hiver comme été, peu lui importait. Elle ouvrait la fenêtre et soulevait la couverture violemment. Le plus difficile pour elle c'était que ses parents n'étaient pas pareils avec ses frères et soeurs.

  - Mais maman arrête de crier comme ça voyons laisse moi deux minutes et..

  - Quoi tu m'répond ? J’t'ai pas d’jà dis de m'appeler Madame?! T'as la mémoire courte ma fille !! Et elle tira sa chemisette vers le haut, menaçant de la déchirer .
C'est là que quelque chose attira soudainement son attention.

  - Qu'est-ce que... c'est quoi ça??? Elle avait découvert son secret. Ses yeux se fixaient à présent sur la vieille couronne de vignes séchée accrochée au drap. Elle l'attrapa et la brandit en l'air.

  - Ah j’comprend mieux pourquoi je ne retrouvais pas ma chère tige !! dit-elle en laissant apparaître un rictus cynique au coin de ses lèvres.

  - Rendez-la moi ! Vous n'avez aucun droit sur moi je suis majeure aujourd'hui même, vous ne pouvez plus rien faire ceci m'appartient ! Rendez là moi!! supplia t-elle en sautillant pour, à son tour, saisir son trésor sans trop l'abîmer.

  Ne me répond pas!!! Pour la dernière fois où est la tige??? hurla t-elle. À présent elle ressemblait à une folle furieuse. Ses yeux se révulsaient, ses mains commençaient à trembler. Elle se mangeait les lèvres comme le font les toxicos. En pleine crise de fureur elle cassait tout ce qui lui trouvait sous la main, donnant de violents coups de savates dans les meubles.

- D’accord, d’accord, lui dit elle subrepticement en tâtonnant sous son lit et fouillant dans les draps. Le problème était qu'elle avait beau chercher elle ne la retrouvait pas. Elle avait beau chercher dans sa mémoire ; rien. Brusquement une idée terrifiante lui glaça le sang. Elle l'avait oublié là haut, dans sa hâte de descendre car descendre ne nécessitait pas l'utilisation de la tige.
Qu'allait-elle pouvoir lui dire ? Qu'allait-elle faire?

  Un violent coup au visage la fit revenir à la réalité. Elle l'avait frappé et avait, du même coup, détruit la couronne.

  - Alors où est-elle ?

  Naïan se releva droite et fière. Elle prit une grosse bouffée d'air. Pour la première fois elle se sentit forte, son expérience de la veille avait ouvert une brèche qui ne se refermerait plus. Elle n'en pouvait plus. Cela ne pouvait plus continuer, sa vie était un enfer depuis petite ; elle avait beau chercher, la seule chose qui lui donnait le sourire était ce moment où une inconnue lui avait adressée un sourire et lui avait posée délicatement sur sa chevelure cette magnifique couronne réduite en miette à présent. Elle lui lança froidement :

  - Elle est restée là haut...

  Redoutant le pire, elle se croisa les bras sur son visage, prévoyant toute réaction violente de la part de sa mère. Mais rien... Elle dégagea ses bras et l'observa timidement par à-coups. La femme était comme médusée, clouée au sol. Elle ressemblait à un ridicule personnage de dessin animé, dépité, grimaçant. Elle tirait sur son joint régulièrement sans rien dire, n'ouvrant la bouche que pour recracher la fumée. Cela déformait chaque partie de son visage, seulement ici il n'y avait rien de comique.

Soudain la femme toussota puis suffoqua et tomba au sol dans un grand fracas.

  Naïan n'y comprenait plus rien. Affolée elle tenta de la réanimer, de la secouer, mais rien.
Les yeux écarquillés, son coeur se mit à battre la chamade .
Les idées se bousculaient dans sa tête .
Tout le monde croira que je l'ai tué je vais être inculpée de meurtre...
Puis elle décida quand fait elle en avait peut être rêvé toute sa vie de ce moment. Peut être fallait-il en profiter. Elle décida alors de retourner à la chasse dans le grenier et de filer de cette horrible maison qui lui sortait par les yeux.

  Il n'y avait personne dans la maison, le corps de sa mère gisant sur la moquette, la bouche ouverte la salive coulant du coin de sa bouche. Elle était encore plus répugnante morte que vivante pensa t-elle.
Elle n'éprouvait pourtant pas de tristesse pas de pleurs rien...
Peut être était-ce parce qu'elle n'avait jamais eu le droit de la considérer comme sa mère et qu'elle même ne l'avait jamais considérée comme sa fille. 

  C'est alors qu'elle fit son sac en y mettant le stricte nécessaire puis elle attrapa un manche à balais et elle remonta rapidement l'escalier munie de son intrigante photo.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Mathilde
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:41



Anna hoche poliment la tête et ne fais par remarquer qu’à son âge – la tante Isobelle a sans doute connu la 2ème guerre mondiale – c’est sans doute mieux pour elle de lever le pied. Elle rend poliment la tasse, attrape son sac et adresse un signe de tête aux deux adolescents. Elle ne dit rien à Isobelle – elle n’a pas l’intention de remettre les pieds dans la Grande Maison mais c’est plus simple pour tout le monde si elle part sans dire au revoir. Le bout de chemin qui lui reste à parcourir devrait lui suffire à parler à Rosita – Anna ne veut pas l’abandonner sans essayer au moins de tenir la promesse qu’elle lui a faite.

Ils marchent quelques minutes en silence, profitant de la fraîcheur matinale et de la douceur de la lumière. Puis, à la seconde où la maison est hors de vue – alors qu’ils lui tournent le dos tous les trois – ils commencent à parler tous en même temps. Ils s’arrêtent en pouffant de rire. Finalement c’est Rosita qui commence :

« Où est-ce que tu vas aller ensuite, Anna ?

_ Je ne sais pas. Je dois fuir des gens très dangereux. Le mieux, ce serait que j’entre en douce dans un autre pays, que je place mon argent dans une banque anonyme et que me fabrique une nouvelle identité. C’est ce qui se fait dans les films. Mais moi, je n’ai pas la moindre idée sur la façon dont je dois m’y prendre !

_ Ou alors, intervient Will en sortent de sa ceinture l’un de ses revolvers, tu les élimines.

_ Will ! crie Rosita. Arrêtes de sortir des horreurs pareilles !

_ Je n’en serais pas capable, dit Anna. Ce sont des professionnels et ils sont nombreux. Et puis… l’homme qui veut me tuer… c’était mon mari. Je veux dire, c’est mon mari.

_ Raison de plus, insiste le jeune homme. Comme ça tu pourras plaider le crime passionnel si tu te fais prendre. Il sort d’où le fric ?

_ Je ne sais même pas. Mais il n’avait aucun droit sur cet argent lui non plus.

_ Moi aussi, dit brusquement Rosita, un jour je vais partir.

_ Hein ? s’exclame Will. Pourquoi ? On est bien ici ! C’est bien toi qui pleurnichait parce qu’on n’avait pas d’endroit à nous ? Pourquoi tu veux partir ?

_ Pas tout de suite, soupire Rosita qui explique à Anna : on n’est pas nés dans cette famille tous les deux. D’ailleurs on n’est pas vraiment frère et sœur…

_ Si, on l’est ! rugit Will.

_ On s’est rencontré il y a deux ans, continue à raconter Rosita. J’en avais 13 et lui 15. J’étais paumée, je ne savais pas quoi faire ni où aller, j’étais terrifiée. Will m’a aidée à m’en sortir mais on n’avait pas de maison, pas de travail, pas d’argent, c’était l’horreur. Et le pire c’est qu’on ne pouvait jamais être tranquilles, il fallait toujours s’enfuir. Et un jour on a trouvé cette maison. Et cette famille. Ce n’est pas pour rien qu’il y a marqué ‘soyez les bienvenus’. Ils nous ont vraiment adoptés, et c’est génial parce qu’on n’aurait jamais réussi à trouver un endroit à nous sans eux. C’est notre famille maintenant. Mais moi je crois qu’on ne peut pas rester toute sa vie dans sa famille, et quand je serais adulte je partirais.

_ Et moi ? demande sombrement Will. Tu as une place pour moi dans ton joli plan ? Ou tu penses que tu n’auras plus besoin de moi quand tu seras grande ? Hein ? Tu crois que tu arrêteras d’être un putain de loup-garou ?

Rosita ne répond pas et détourne la tête. Anna est restée silencieuse, arbitre impuissante au milieu de cette discussion qui ne la concerne pas mais qui n’aurait sans doute pas eu lieu sans sa présence. A présent elle aimerait se faire oublier. Le secret de Rosita est trop énorme pour pouvoir dire quoi que ce soit – surtout qu’Anna refuse toujours de croire à l’existence des loups-garous. Il ne lui vient pas à l’esprit de le faire savoir. Elle ne pense pas que Will et Rosita tentent de la faire marcher. Ils croient vraiment que Rosita est un loup-garou.

Quand Anna lui jette un regard en biais, elle voit une larme couler le long de son nez avant de tomber au sol. Le silence est écrasant. Jusqu’à ce que l’adolescente redresse la tête, très sérieuse, et dise d’un ton froid :

_ On a de la visite.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:49



Cimetière de R***

Durant la cérémonie, Brown observa assez longuement Jonathan et cela tout au long du service funéraire. Celui-ci avait l’air tout ce qu’il y a de plus normal pour le fils d’un gérant de pompes funèbres mais Brown ne pouvait s’empêcher de le trouver louche ainsi que ça sœur. En y pensant, toute la famille était plutôt bizarre : les parents qui avaient laissé leurs enfants baigner là dedans depuis leur plus jeune âge étaient aussi assez particuliers. Néanmoins, il semblait que les jumeaux ne soient pas trop traumatisés par ce contact répété avec le deuil puisqu’ils avaient, lorsqu’ils étaient au lycée, un comportement normal et qu’ils ne semblaient pas adhérer à un quelconque mouvement qui vénérait la mort ou était fasciné par elle. Néanmoins, il profita du buffet pour poser quelques questions informelles aux deux adolescents et il ne retira de cela que des réponses d’adolescents.


Journal de Jonathan Grave (8)

Décidément, la mort de Sally a vraiment été une bénédiction : ce matin, nous n’avons pas eu cours afin de pouvoir nous rendre à ses obsèques. Nous y sommes allés avec Deb, non pas pour pleurer Sally mais pour pouvoir contempler notre succès. Durant la cérémonie et comme notre père nous avait toujours appris à le faire, nous avons pris une mine sombre et un regard compatissant. Il n’y avait que peu de gens à l’enterrement : la tante « Patty », le curé, quelques uns de nos professeurs et quelques élèves de notre classe. Le sheriff Alistair et son adjoint étaient là aussi, je me demande bien pourquoi. En tout cas, ça fait une raison de plus de faire profil bas. Comme à son habitude depuis deux jours qu’elle était là, Patty Turner fut ridicule. Lors du discours pour rendre hommage au défunt, elle fit deux comparatifs entre la vie de Sally et American Idol et un avec Oprah Winfrey. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi débile au cours d’une cérémonie religieuse. Le curé aussi dit quelques mots de circonstance mais ceux là, je les avais entendus mille fois depuis mon plus jeune âge. A la fin de la cérémonie, un buffet était donné où ma sœur servait ainsi que ma mère pendant que mon père et nos deux employés finissaient de recouvrir le cercueil de terre. Patty demanda un whisky alors qu’Alistair trempait déjà les lèvres dans la mousse de sa bière. Son adjoint, en revanche nous posa des questions à Deb et moi. Rien de bien méchant mais il n’a semblé ne s’intéresser qu’à nous durant tout le service. Il faudra se méfier les prochains temps et être très prudent.

A la fin de la cérémonie, Patty est enfin rentrée chez elle. Déborah et moi avons profité de notre après-midi de libre pour aller nous promener et discuter de la suite à donner à notre recherche de clients. Lorsque je lui ai fait par de mes inquiétude vis-à-vis de Brown, elle a semblé les partager. Néanmoins, nous étions tous les deux d’accord sur le fait que nous devions aider notre père à faire marcher son commerce. Et cela, même s’ il nous faudrait désormais être plus discret. Après cela, nous avons reparlé de la fusillade que nous avions vu à la télé et nous avons passé le reste de l’après-midi à nous demander comment cela serait possible. Pour l’instant, la réponse nous échappe encore.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Camille
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:54



Maison des Grave, le même jour

Lorsque William Grave prit la parole lors du repas ce soir là ce fut tout d’abord pour annoncer qu’en ce moment les affaires marchaient bien et qu’à ce rythme là il allait peut-être devoir embaucher un employé supplémentaire. Mais ce fut ce qu’il dit ensuite que Jonathan et Déborah retinrent. Il commença par demander directement à Jonathan si c’était lui qui avait tué Sally. Celui-ci ne su quoi répondre et se demanda comment il pourrait amener ça jusqu’à ce que son père lance un tonitruant « Je t’ai posé une question ». Ce à quoi son fils répondit d’une petite voix que oui, il avait bien tué Sally. William demanda ensuite à sa fille : « et toi Déborah, l’as-tu aidé ? ». Déborah elle, répondit du tac au tac : « oui papa, c’est moi qui lui ai prêté le rasoir ». A cette réponse, la grand-mère sourit : dans cette famille, les femmes avaient toujours été plus fortes et plus courageuses que les hommes et il semblait que la nouvelle génération ne ferait pas exception. Le père reprit la parole :

Ainsi donc, si jeunes vous en êtes déjà au meurtre. Vous êtes précoces tous les deux. Tellement précoces que je n’ai même pas eu le temps de vous former. Sachez tout d’abord que le meurtre ne doit pas devenir systématique et qu’il doit être mûrement réfléchit. Je sais que vous ne voulez que m’aider mais si vous vous faites prendre, le commerce en pâtira et vous vous retrouverez dans la situation inverse de celle que vous désiriez. Pour le meurtre de Sally, je ne pense pas que les flics vous coincent mais il y en a un, Brown, qui commence à se douter de quelque chose. Par conséquent, vous allez devoir être encore plus prudents et méthodiques et je vais vous apprendre, avec votre mère et votre grand-mère comment faire.

Mais, papa répondit Déborah encore sous le choc de ce qu’elle venait d’entendre pourquoi nous as-tu dis alors que le meurtre n’était pas la solution la dernière foi ?

Tout simplement car je vous trouvais trop jeunes encore pour franchir cette barrière mais il semble que vous soyez plutôt doués. La fierté et l’émotion perçaient dans sa voix lorsqu’il ajouta : que diriez-vous de commencer ce soir ?

Les deux jumeaux approuvèrent en cœur pour le plus grand bonheur de leurs parents et de leur grand-mère. Ce soir là, ils commencèrent par l’histoire de leur famille, sur les meurtres que leur grand-père et leur grand-mère avaient connu. Bien sûr, ils avaient déménagé assez souvent mais toujours en reprenant un petit commerce dans une petite ville. Le secret était d’avoir suffisamment d’argent de coté afin de tenir les premiers mois voir les premières années avec peu de clients. Il était primordial que les gens n’associent pas leur venu avec une vague de suicides ou d’assassinat. Lorsque l’on passait au meurtre, il fallait être le plus neutre possible afin que les policier ne suspect jamais un serial killer. C’est pour cette raison qu’ils allaient devoir proscrire le rasoir, c’était trop sophistiqué. L’idéal étant de pouvoir maquiller le meurtre en suicide lorsque c’était possible. Avant d’arriver à R*** 17 ans plus tôt, les époux Grave avait amassé suffisamment d’argent pour faire tourner leur boutique longtemps et cela s’était d’autant mieux passé que, même s’il n’y avait pas énormément de morts par maladie à R**, la nationale pourvoyait à elle seule pas mal de cadavres.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Camille
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 23:58



Journal de Jonathan Grave (9)

Cela fait un mois que je n’ai plus écrit dans ce journal mais il faut dire que je n’en avais pas vraiment le temps : papa a décidé de nous former à la recherche de clients Deb et moi et ça nous prend pas mal de temps mais c’est génial. D’abord, il nous a expliqué nos erreurs dans la vague de suicides et dans le meurtre de Sally. Pour la prochaine fois je saurais qu’il ne faut pas que l’on puisse me mettre en relation avec mes victimes car sinon cela fait trop de coïncidences. Sinon Grand-mère nous a appris des tas de façon d’assassiner mais surtout de suicider ou d’accidenter les gens. Elle nous a montré comment faire passer un empoisonnement pour une allergie et les plantes à utiliser dans ce cas, comment poser tel objet de la façon la plus anodine qui soit mais qu’il en devienne mortel, comment provoquer un accident de la circulation… Papa lui nous a plutôt expliqué la psychologie des gens pouvant nous aider. Les suicidaires mais aussi les as des sports dangereux. Ceux là, ils sont faciles, il suffit de les mettre un peu au défi et ils foncent tête baissée. Mais le plus génial c’est que papa nous a demandé de passer aux travaux pratiques. Il nous a demandé d’échafauder un plan, de le lui soumettre et, s’il était bon, il nous laisserait le réaliser. Nous, avec Deb nous avons eu une super idée et, lorsque nous l’avons présentée à mon père, nous étions aussi excités que Galilée lorsqu’il a découvert que la terre tournait autour du soleil néanmoins nous espérions un meilleur accueil que celui que lui avait reçu.

Notre plan était simple, notre père nous déposait avec un grand miroir au niveau d’un lieu connu comme dangereux car au bord d’un précipice mais où la circulation était faible. Nous attendions qu’une voiture passe et nous lui présentions le miroir de face. Aveuglé par les phares qu’il voyait en face, le conducteur braquait à gauche… en plein dans le trou. Notre père a été séduit par l’idée et mous la mîmes en œuvre. Ce fut plus qu’un succès : ça n’est pas une mais deux voitures que nous avons envoyées dans le trou. Résultats : 3 morts et 2 blessés. En plus, coup de chance pour nous, dans une des deux voitures le chauffeur était bourré. Encore un drame de l’alcoolisme au volant avaient titré les journaux.

Mais le plus excitant a eu lieu aujourd’hui. Nous avons parlé à notre père de la fusillade qui avait eu lieu dans un lycée et nous lui avons demandé s’il y avait moyen de faire la même chose à R***. Et, selon lui c’est possible. Il nous a promis de nous expliquer demain comment faire en sorte qu’un de nos camarades de classe se transforme en bombe humaine à retardement. Mais il nous a également dit de ne pas avoir trop d’espoir, que ça ne serait pas facile et qu’il nous faudrait être très prudents. En plus de cela, il n’était pas sûr qu’une telle personne existe à R*** mais si elle existait, il nous montrerait comment la trouver. Mais pour l’instant nous sommes dans un tel état d’Euphorie avec Déborah que rien ne pourrait entamer notre enthousiasme.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Camille
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Créer un Blog

Recherche

Profil

  • DesLyres
  • Le blog de DesLyres
  • Association
  • 23/09/1986
  • étudiant écriture deslyres
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés