Dimanche 10 février 2008

Chapter 16 : Haussman

“Tiens, c’est là.”

La ferraille grinça et les pans successifs de la porte furent repoussés contre le mur de brique. Lorenzo entra, précédant le propriétaire des lieux. Étant donné qu’ils allaient à la même école pour ultra-riches, il s’était imaginé que son camarade avait à son compte un immense appartement sur l’une des rues les plus chères de la ville. Il ne s’était pas du tout attendu à un tel taudis. Au sommet d’un building où un étage sur deux relevait du squatte, il avait pour lui tout un étage délabré. Il avait rafistolé les fenêtres pour lutter contre les intempéries et installé lui-même le chauffage, l’eau et l'électricité. Tout traînait à même le sol, le matelas et les draps, les bouquins de cours, le réchaud, les boîtes de conserve, l’immense cage du rat, des chandelles consumées qui pour la plupart n’étaient plus que des ronds de cire incrusté dans le béton.

“Tu m’expliques, là ? Je croyais que ta famille était friquée jusqu’en Irlande ?

_ Ma famille, ouais. Mais pas question de vivre avec eux, ni dans un endroit sur lequel ils auraient la main mise.

_ Mais il te file du fric, quand même ?

_ Ben ouais, c’est leur seul façon de me tenir encore un peu. Pour l’école j’ai pas le choix, vu qu’ils se mangent un directeur par année. Mais pour la piaule, ils sont obligés de me donner le fric. On va dire que je préfère m’en servir pour une meilleure cause.”

Haussman se renversa sur son matelas et se grilla une cigarette en observant le plafond.

“Pause tes affaires, je dois avoir un autre matelas à te filer. Sinon j’irais en acheter un autre.

_ Ouais, mais vu la déco de ton appart, je me demande bien ce que tu en fais de ton fric.”

L’autre étudiant se redressa, écrasa d’un geste brusque son mégot, et regarda fixement Lorenzo. Au bout d’une minute il consentit à lui dire :

“Tu jures de ne jamais rien en dire.

_ Quelle solennité ! J’imagine que ça doit être hautement répréhensible.

_ Attends là.”

Il se leva et disparu au fond de l’étage où trônaient un grande quantité de bâche et de débris que les maçons avaient laissé quand le projet de construction avait été abandonné. Il en revint assez vite, traînant un matelas derrière lui. Il le jeta en direction de Lorenzo, lui promettant de lui dénicher des draps sans poussière. Il avait gardé en main un rectangle de tissu, monté sur une courte planche de bois. Il le tourna doucement, avant de se décider à le montrer franchement. C’était un tableau, dessiné avec des moyens de fortunes, de la craie, du charbon et une teinture d’argile. Admiratif, Lorenzo demanda :

“Lilium ? C’est des fleurs ?

_ Des lys, espèce d’inculte !

_ Et ça peut être orange, ou c’est parce que t’avais pas d’autres couleurs ?

_ Oui, ça peut être orange...”

Haussman allait ranger sa peinture, un peu dépité par l'accueil moqueur qu’il avait eu. Mais Lorenzo l’en empêcha en s’emparant de la toile et en la regardant de plus près.

“En tout cas tu as un fichu talent ! T’en as d’autre comme ça ?

_ Euh, ouais. Mais pas ici.

_ Si t’as besoin je connais une galerie qui...

_ Je sais pas, c’est pas mon truc.

_ C’est bon, va. Je comprends. Mais je m’étais vraiment attendu à un truc illégal !

_ Bah, si tu y tiens, j’ai ce qu’il faut dans mes contacts !

_ Ouais... laissa Lorenzo en suspend. Je sais pas... Tu pourrais me trouver un flingue ?"

Haussman resta muet, guettant à la lueur des yeux de son ami s’il était sincère. Il l’était.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Dimanche 10 février 2008



Manon dormait paisiblement, encore habillée, le bras droit pendant par dessus le lit, sa main frôlant le livre qui était tombé à terre. Elle avait été tellement prise par l'intrigue mais était si fatiguée qu'elle s'était endormie en lisant, la lumière encore allumée. Et le pauvre livre gisait à terre, ouvert sur le sol, certaines de ces pages s'étant cornées à cause de la chute. Mais il fut bientôt venger car un ouragan entra en trombe dans la chambre de la jeune fille.

« _ Manon! Manon! Manon! Réveille toi Liv à faillit mourir!

_ Hein??, fit-elle en luttant pour émerger. 

_ Aller! Aller! Aller! Manon réveille toi! Manon! Manon! Manon! ,cria la petite fille.

_ Oh la ferme!!!! »

Coralie se stoppa d'un seul coup, ouvrit grand la bouche inspira pendant cinq bonnes secondes et s'exclama:

« _ T'a dit un gros mot! Han!! Vincent! Vincent! Vincent!... »

La petite fille sortit en courant de la chambre, criant toujours le prénom de son grand frère. Manon passa ses mains sur sa tête puis s'affala sur son lit. Coralie hurla son nom, en réveillant sûrement la moitié de l'immeuble. La jeune fille se leva donc péniblement, massa son ventre que son corset meurtrissait, lissa sa jupe en velours noir et rejoignit la petite famille dans la cuisine. Vincent aidait Liv, qui avait un gros pansement au bras, à prendre son petit déjeuner pendant que Coralie jouait avec le petit jeu du paquet de corn-flakes.

« Qu'est-ce qui c'est passé Vincent?

_ Coralie a essayer de faire la piqûre à Liv. Ca c'est arrêté de saigner mais je l'emmènerai quand même chez le médecin après manger.

_ J'ai pas fait exprès de lui faire mal!! s'écria l'intéressée.

_ C'est bon calme toi un peu Co... mais comment t'es habillée toi?? Pourquoi t'a mis ta robe de sorcière?

_ Ben toi aussi t'es habillée en sorcière! »

Manon jeta un regard noir à sa soeur qui se mit en pleine contemplation du fond de son verre de jus d'orange pour le fuir.

«_ Si j'ai bien compris je dois l'accompagner à l'école.

_ Tu dois les accompagner toutes les deux à l'école normalement. Le temps que maman...

_ Ok! Ok! Ça va j'ai compris. Je suis désolée je me suis endormie comme une masse hier soir, j'ai pas eu le temps de mettre mon réveil. Je vais aller changer de haut ce corset me tue les côtes et Coralie toi tu as intérêt à te changer aussi sinon je ne te laisse pas voir les dessins animés pendant une semaine! »

Sous cette menace, la petite fille se précipita vers sa chambre.

« J'ai la tête qui tourne... » fit la petite voix de Liv. A peine Vincent se tourna vers elle qu'elle perdit connaissance, lui laissant juste le temps de la prendre dans ces bras.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Audrey
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Lundi 11 février 2008



_ Depuis quand… depuis quand elle est comme ça ?

_ Ça fait deux ans maintenant. C’est pour ça qu’on est bien ici, on avait besoin d’aide. Elle veut rester humaine, Rosita, tu comprends, elle arrive à admettre qu’elle est différente mais elle ne veut pas être un assassin. Ou un animal. A la pleine lune, on l’enferme dans une pièce aux murs incrustés d’argent. Tu imagines la volonté qu’il faut pour y retourner, tous les mois, juste pour être sûr de ne pas faire de mal à qui que ce soit ? C’est quelqu’un de très spécial, ma petite sœur.

_ Et toi ? Tu es…

_ Je suis aussi dans Les Enfants de la Nuit, figure-toi. Dans le chapitre sur les fous.

_ Les fous ?

_ Les fous qui croient aux loups-garous… Regarde, dit-il en pointant du doigt l’un des écrans, ils entrent ! »

Oui, ils entrent, et ils sont nombreux. Certains sont restés en arrière pour s’occuper des blessés. Les autres ont sortis leurs armes. Ils n’ont pas compris ce qui les avait attaqué, leurs cerveaux prosaïques refusent d’intégrer l’idée d’un loup-garou, ils savent juste qu’ils ont perdu la première bataille et ils n’aiment pas ça. Ils entrent et se dispersent dans la maison.

Trois d’entre eux vont au salon qui est toujours plongé dans la pénombre. Edmond joue du piano. « Putain, on n’y voit rien ! s’exclame l’un des hommes.

_ Bonjour, dit une petite voix dans l’obscurité. Soyez les bienvenus chez nous.

_ Merde, il y a un gosse !

_ Attend, ajoute un autre homme avant de demander à Edmond : hé petit, tu n’aurais pas vu passer une femme ici ? Avec un gros sac ?

_ Non. Vous voulez jouer avec moi ?

_ Merde, s’exclame le troisième, où sont ces putains d’interrupteurs ?

_ Je peux allumer si vous voulez, dit Edmond avant de revenir à la charge. Vous voulez jouer avec moi ? Le morceau que vous préférez. »

Les deux chandeliers autour du piano s’allument – et cette fois Anna réalise qu’Edmond ne s’est pas servi d’allumettes pour ça, qu’il ne les a même pas approchés.

« Edmond est un fantôme, précise Will. Lui non plus, il ne craint rien.

_ Tu… tu es le seul humain normal ici ?

_ Le seul humain qui n’ait aucun pouvoir magique, oui. Mais je me débrouille. J’ai des accessoires. Et tout le monde est gentil avec moi dans la famille.

_ Il va faire quoi, là ?

_ Ça dépend. Toi qui les connais, tu crois qu’ils vont accepter de jouer du piano avec lui ?

_ Non, aucun risque.

_ Alors il va s’énerver. »

L’un des hommes de main s’est aperçu que la porte est fermée à clé. Un autre tente de fouiller le reste de la pièce sans avoir assez de lumière pour le faire. Le troisième, à bout de patientce, agrippe Edmond et le secoue en hurlant :

« Toi le gosse tu vas me dire où est cette salope de bonne femme ou je vais t’en coller une !

Il est un peu perturbé en s’apercevant qu’il ne fait absolument pas peur à l’enfant, qui n’a pourtant pas plus de sept ans. Et que l’enfant est glacé. Vraiment glacé. Et en colère.

_ Pourquoi tu veux pas jouer du piano avec moi ! crie Edmond. Pourquoi tu ne m’aimes pas !

Peu à peu la pièce s’éclaire d’une lueur rougeoyante, dévoilant son contenu. Tous les meubles ont été fracassés à coup de hache. Du sang les a éclaboussés en larges fleurs rouges. La même hache a ravagé le visage de l’enfant qui les regarde d’un seul œil, l’autre pendant sur sa joue, suspendu au nerf optique. Sur ce qu’il reste de sa joue. Un morceau de cervelle pend aussi. Et Edmond, montrant le visage de sa mort, continue à hurler d’une voix stridente :

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
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Lundi 11 février 2008

Chapter 17 : Aaron Bateman

La glissière cogna contre le chambranle. Le boucan métallique se répercuta dans tout l’entrepôt. Les bazookas avaient laissé une large place vide après la descente de flic. Mais le mandat des forces de l’ordre n’avait eu pour objet que l’entrepôt où s’était déroulé la fusillade. Fabio inspira profondément et referma la porte glissante, pour ensuite traverser les vieilles lignes de chemin de fer inusitées pour se rendre à l’autre entrepôt que possédait la famille Rossi. Ses hommes attendaient au loin, déchargeant des marchandises sans importance.

Il constata avec stupeur qu’un homme attendait juste devant la porte glissante. Un homme à la peau noire, habillé d’un parfait complet beige, un cigare à la main. L’intrus regarda Fabio arriver en baissant le regard sous son chapeau de cow-boy de la même couleur que son costard. Le sourire amusé qu’il envoya au fils Rossi énerva celui-ci au plus haut point. En passant devant, il lui demanda : “C’est à vous tout ça ?

_ En quoi ça te regarde ?

_ Donc, oui, c’est à vous.”

Fabio se précipita vers l’homme, haussant la tête pour faire jouer ses quelques centimètres supplémentaires. Et il se rendit compte qu’il n’était pas plus grand que l’autre et qu’aucune tentative ne l’intimiderait. Cherchant un moyen de lui être supérieur, il lut rapidement le nom sur un badge que l’autre portait sur la poitrine.

“C’est quoi ça, Batman ? Tu te prends pour une chauve-souris ?

_ Je crois que vous lisez mal. Je m’appelle Aaron Bateman, monsieur et je voudrais...

_ Quelle importance comment tu t’appelles, si tu dégages pas de là il n’y aura même pas de tombe où le graver !

_ Ce n’est pas mon nom qui est important, c’est ce qu’il y a écrit dessous.”

Et pour illustrer ses propos il tira le badge de police où il était écrit : Aaron Bateman, inspecteur divisionnaire. Fabio guetta instinctivement toutes les issues possibles. Même si le flic ne semblait vouloir le coffrer, il voulait s’assurer au moins une porte de sortie.

“C’est marrant cette histoire de calibres qu’on a retrouvé aux abords de vos entrepôts. Evidemment, il y a eu la fusillade, tout ça, alors on ne peut pas trop vous incriminer. On ne sait pas comment ils sont arrivés là-bas, après tout. Mais je serais quand même curieux de savoir ce que vous pouvez avoir dans cet entrepôt-ci. Les registres indiquent qu’il est aussi à votre nom ?

_ Vous n’avez pas de mandat.

_ Oui, évidemment. Ce que je voulais dire, c’est qu’on est aussi au courant de cette petite histoire avec la communauté cubaine. Ce serait dommage que votre nom se retrouve une deuxième fois mêlé à la justice en si peu de temps. Certaines portes risqueraient de s’ouvrir d’elles-même.

_ Qu’est-ce que vous voulez ?

_ Ma foi, le calme. Tout le monde y gagnerait, non ? Parce qu’au moindre bruit, il pourrait bien y avoir un grand nettoyage, si vous voyez. Tout repose sur des bases bien établies, et tant qu’elles restent ainsi... C’est quand l’une des briques commencent à sortir du rang que tout menace de s’écrouler, et alors... pas le choix, faudrait tout raser, ce serait plus sûr, comprenez.”

Fabio luttait contre l’envie d’en finir, là, tout de suite. De faire taire cet inspecteur à coups de poing. Mais il devait d’abord s’assurer que sa fille serait vengée, et pour ça que ce monsieur Aaron Bateman débarrasse le plancher. Ce qu’il fit en laissant l’une de ses mains dans la poche de son pantalon et en expliquant une dernière fois :

“Evidemment, cela ne vaut que comme un avertissement. Si jamais quelque chose bouge, il faudrait être sûr de ce qui tomberait, et de ce qui resterait en place. On ne demande que le calme...

_ Compte-là dessus... maugréa Fabio. Mes avis que tu ne pourras même plus dormir d’un seul foutu oeil après le merdier qu’on va vous laisser à régler...”

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Lundi 11 février 2008



Notre petite vie en communauté ne gravitait plus autour de la maison et de ses rénovations, tous les soins et toutes les attentions étaient à présent tournés vers moi. La journée, si je me sentais faible, je restais dans ma chambre. Mais bien souvent tout le monde me rejoignait, abandonnant pour un temps les pelles et les pioches servant à creuser la piscine. Nous jouions au tarot ou à des jeux de société. Nous entamions de grandes discussions philosophiques ou politiques en nous gavant de bonbons et de chocolats. Etienne était assez doué en pâtisserie, il nous faisait chaque jour un cake, ou une tarte. Mon lit était souvent couvert de miette mais avant de repartir creuser dans le jardin ils s'affairaient tous pour remettre la chambre en ordre.
Ils étaient adorables, et dans ces conditions je ne pouvais que me rétablir très vite. Selon les médecins il allait me falloir deux mois avant que les douleurs disparaissent totalement. Et même si au bout de deux semaines je pouvais descendre et monter les escaliers sans aide, la douleur restait très vive au moindre mouvement.
Mais le moral était très bon, c’était l’essentiel.

Les jours se passaient sans accident depuis le début des travaux et nous nous en félicitions. Mais les choses changèrent quand Jérôme se mit à vomir régulièrement.
La première fois sembla anodine, il se réveilla barbouillé, et pensa que les quelques verres de la veille n’étaient pas très bien passés.
Le deuxième jour il vomit à plusieurs reprises et nous pensâmes à une gastro-entérite.
Le cinquième jour Jérôme était très affaibli, il ne pouvait rien avaler de liquide ou de solide sans le rejeter.
Au bout d’une semaine sans amélioration, Alain l’emmena à l’hôpital, espérant que ça n’était pas aussi grave que ça en avait l’air.

Après toute une batterie d’examens sanguins et urinaires les médecins lui firent des injections de vitamines et autres substances nécessaires à sa santé, et lui firent avaler une mousse verte sensée soulager son estomac. Sans lui donner plus de précision il fut renvoyé chez lui en attendant les résultats des examens. Il ne se sentait pas mieux mais bientôt les médecins trouveraient une solution, il en était certain.

Les 48h d’attentes furent insupportables, Jérôme continuait à vomir tout ce qu’il avalait, son visage était d’un blanc transparent et ses lèvres très sèches.
L’hôpital appela dans la soirée et demanda expressément à ce que le malade soit amené dans les plus brefs délais. On ne nous donna pas plus de précision, ce qui n’était pas pour nous rassurer. J’insistais donc pour venir malgré mon état car je ne me voyais pas attendre seule à la maison de savoir si la santé de Jérôme était en réel danger ou non.

Arrivé sur place on nous fit patienter dans la salle d’attente pendant que Jérôme disparaissait derrière deux sinistres portes battantes. A travers les hublots je le voyais s’éloigner en jetant des regards paniqués dans notre direction. Mes yeux me piquaient mais je ne devais pas pleurer. Pour l’instant nous devions attendre.
Les médecins défilaient sans s’arrêter, ils ne semblaient même pas nous voir.
Après deux heures et cinq cafés un certain docteur Millet vint se poster devant nous.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
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Lundi 11 février 2008



« - Clostridium botulinum.
- Pardon ?
- Toxine botulique. Veuillez me suivre mademoiselle. »

Je me levais, tremblante et terrifiée. Pourquoi n’avait-il rien dit ? Etait-ce si grave ? Jérôme était très faible mais pas à ce point ! Allait-il laisser mes amis dans le vague, ne pas leur donner plus d’explication que ces quelques termes scientifiques qu’il avait balancer avec un petit air supérieur ?
Nous avions emprunté le même couloir que Jérôme tout à l’heure, mais nous ne nous étions pas rendu auprès de lui. Le docteur Millet m’avait emmené dans son bureau pour me poser quelques questions. Il prit tout son temps pour contourner son bureau et s’asseoir dos à la fenêtre. Il ouvrit un dossier et se mit à le feuilleter, semblant presque oublier ma présence. Je l’imaginais cherchant ses mots pour m’annoncer une terrible nouvelle. Je me mis à observer les diplômes accrochés au mur, au milieu de dessins d’enfants, et ma vision était de plus en plus floue… les larmes ne tarderaient pas à couler si l’on ne m’expliquait pas très vite ce qui se passait.

« - Mademoiselle, tout d’abord sachez que les jours de votre fiancé ne sont plus en danger. Je vous laisserai le voir, ainsi que vos amis, dans quelques minutes, mais je dois au préalable vous interroger sur un certain nombre de points.

Il parlait calmement, d’une voix neutre, professionnelle. Je n’osais pas l’interrompre.

- Votre ami a subit une grave intoxication alimentaire. Pour être plus précis, une toxi-infection alimentaire. Nous ne pouvons déterminer son origine sans votre aide. Apparemment il n’a été exposé qu’une fois à la toxine, et il a assez rapidement réagi par des vomissements. Je ne vous cache pas que ces deux éléments combinés lui ont très sûrement sauvé la vie. Je vais donc vous demander de bien réfléchir et de me dire ce qu’il aurait pu manger d’anormal ces derniers jours.
- Je… je ne vois pas du tout de quoi il pourrait s’agir, nous sommes sept personnes à vivre ensemble et à manger la même chose chaque jour, je ne comprends pas pourquoi Jérôme est le seul à être malade !
- Il y a du bon dans ce que vous me dites, il n’y aura pas de problème de santé publique si personne d’autre n’a été affecté. Mais je me permets d’insister, réfléchissez bien, essayez de reconstituer le souvenir des derniers repas qu’il a pris. Un détail qui peut vous paraître insignifiant pourrait s’avérer fondamental. Généralement ce sont des conserves faites maison qui sont à l’origine du botulisme.
- Ecoutez, je n’ai aucune idée de ce qui a bien pu se passer, alors s’il vous plaît laissez moi voir Jérôme ! Je vous promets que si quoi que ce soit me revient à l’esprit je vous en ferais part le plus rapidement possible ! En attendant ma priorité est de savoir comment se porte mon fiancé !
- Très bien, nous allons y aller, mais il ne va pas être très beau à voir. Il a eu droit aux habituels lavages d’estomac et lavements. Il est à présent sous perfusion et son sang est également filtré en ce moment même. J’espère que vous n’êtes pas trop sensible… Je vais prévenir vos amis qu’ils peuvent vous rejoindre. »
Arrivée dans la chambre 23 je ressentie un soulagement immense : Jérôme me souriait, il avait l’air d’aller mieux. Il tenta même une plaisanterie lorsque je lui demandais comment s’étaient passées les petites choses désagréables évoquées par le médecin.

« - Pfff… les infirmières n’étaient même pas nues sous leurs blouses ! »

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
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Lundi 11 février 2008



_ POURQUOI ? POURQUOI ? POURQUOI ?

Dans son atelier, Will confie à Anna :

« Il y a un paquet de gens qui viennent prendre une chambre ici, mais la plupart s’en vont très vite. Pourtant on leur souhaite la bienvenue et tout.

_ Sans blague. » répond Anna fascinée par le spectacle – et terrifiée rétrospectivement d’avoir failli fâcher Edmond. Dans le salon les trois hommes hurlent et tentent désespérément de passer à travers la porte fermée à clé.

Deux autres déboulent dans la cuisine. La moitié moderne est brillamment éclairée. Dans l’autre moitié la nuit règne, le feu ne parvient qu’à souligner la silhouette féminine qui touille la marmite. Les deux hommes de mains se précipitent sur elle.

« Maintenant, gronde le premier, tu vas nous suivre, salope !

Ce n’est qu’en l’empoignant qu’il réalise son erreur : ce n’est pas la fugitive qu’il tient là mais une vieille femme outrée. Il choisit de lui hurler dessus :

_ Où est-elle ? Où est Anna Restoil ? La femme avec un sac de voyage ?

Isobelle se dégage violemment.

_ Silence ! Où vous avez été élevés ? Dans une porcherie ? Votre mère ne vous a pas appris à demander les choses poliment ?

Le deuxième homme sort un revolver qu’il agite sous le nez de la vieille femme tout en la menaçant :

_ Dis-nous où est cette pouffiasse, la vioque, sinon je te transforme en passoire !

_ Tiens donc ? Et avec quoi ?

Le truand sent son arme glisser sous sa main. Abasourdi, il la voit transformée en une bête grouillante de mille pattes qu’il lâche dans un hurlement. La cravate de son complice est changée en serpent qui resserre lentement ses anneaux.

_ La tradition de cette maison exige que je vous souhaite la bienvenue, dit Isobelle d’un ton pincé. Alors tâchez de vous conduire comme des gens bien élevés à l’avenir. »

L’homme au serpent s’évanouit tandis que son complice tente de s’enfuir.

« Laisse-moi deviner, dit Anna. C’est une sorcière ?

_ Elle est aussi alchimiste et médecin à ses moments perdus.

_ Et Yanelle ?

_ Yanelle c’est différent, elle est médium.

_ Comment elle va les faire fuir alors ?

_ Ben, elle est super flippante quand elle sort le grand jeu. »

Effectivement, Yanelle a décidé de sortir le grand jeu. Elle aime bien Anna. Ce qui n’exclut pas un minimum de prudence : elle allume toutes les lumières pour être bien sûre qu’on ne la confonde pas avec la femme en fuite. Puis elle attend.

Lorsque deux hommes entrent dans sa salle de méditation, elle leur dit :

_ Soyez les bienvenus, Eric Charrat et Maximilien de Loret.

_ Hein ? répondent-ils. Qui vous a rencardé sur nos noms ?

Yanelle sourit et répond à coté :

_ Vous venez pour l’argent d’Anna Restoil. Pourtant vous ne le toucherez pas. Vous, M. Charrat, vous allez prendre une balle dans la tête quand M. Restoil croira que vous l’avez doublé sur les propriétés de la colline. Et vous, M. de Loret, vous avez prévu de fuir en Thaïlande dès que possible avant qu’il ne s’aperçoive que c’est vous qui l’avez doublé sur les propriétés en question. En fait, sans le vol d’Anna, vous y seriez déjà.

Le silence retombe mais le revolver de Charrat change de direction. Il se braque vers l’autre homme.

_ T’as pas fait ça ? Putain, c’est de la connerie, t’as pas fait ça ?

_ Mais non, tu ne vas pas croire cette espèce de gitane à la con !

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
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Lundi 11 février 2008

Chapter 18 : Little Havana

Il se plaqua contre la jante d’un gros Buick trafiqué, à l’abri derrière une rangée de quatre-quatre Range Rover sans pneus. S’emplissant le poumon de vapeur d’huile et d’essence, il jeta un coup d’oeil au gang qui l’avait repéré. Du moins le croyait-il. Ils auraient pu lâcher les rottweilers à sa poursuite. Peut-être qu’ils cherchaient quelque chose d’autre.

Lorenzo se recroquevilla dans sa veste et se mit à souffler fort pour évacuer l’adrénaline qui l’avait soudain envahi. Attrapant ses genoux en les enserrant dans ses bras, il se balança d’avant en arrière, faisant de bref mouvement pour ne pas avoir froid. La nuit n’allait pas tarder à tomber et les rues semblaient être de véritable courant d’air. Il s’était aventuré un peu trop loin dans Little Havana. Mais il n’avait rien trouvé d’autre ailleurs. Quand Méline lui avait donné le peu d'indications dont elle se souvenait, du moment où les hommes aux tatouages de crabe l’avait tiré du trou, elle n’avait pu remarquer que les brefs alentours. Pour retrouver le lieu exact de sa détention, Lorenzo avait du parcourir de long en large chacune des rues de ce quartier.

La main-mise des cubains sur la ville lui semblait à présent immense. À chaque nouveau coin de rue traînait les mêmes marchands d’épices, les mêmes sons heurtant de timbales et de maracas. Devant les échoppes où les apprentis-bouchers dévidaient les poulets il n’avait peu s’empêcher d’avoir un haut le coeur. Le même décor, encore et encore.

De ce côté de la rivière, il n’aurait jamais cru voir autant de quartiers, autant de vies. Et presque tous les hommes qui traînaient dans la rues semblaient armés. Couteaux crantés, couteaux à lames interminables, poing américain, crosse de revolver... Pas étonnant qu’ils menaçaient l’équilibre séculaire des Italiens, bien au chaud de leurs quartiers devenus richissimes. Les Rossi avaient perdu le contrôle de la rue avec les nouvelles vagues d’immigration. À trop s’enrichir, l’influence était passé des commerçants aux politiques, aux pontes de la ville. Ils n’avaient aucune chance. Même s’ils s’attaquaient à l’un des principaux gangs, les autres se partageraient le territoire ainsi dégagé et se vengeraient, tous en même temps.

Lorenzo se releva, planqua son revolver dans la poche de sa veste qu’il avait lesté du bon côté pour pouvoir tirer son arme le plus rapidement possible. Il se remit à érafler les murs, épiant le moindre cigare taggé sur les murs. Cela faisait pratiquement depuis le début de la journée qu’il cherchait ce tag, “assez grand” d’après Méline, qui se trouvait en face du sous-sol où...

Une entrée avec du bois pourri, contre laquelle ils m’ont cognée. Un vieux bois rouge, du verni moisi, plein de trou comme des termites. Y avait une porte au milieu de l’escalier, juste avant.

Le coeur du garçon s’emballa. À la description, bien que succincte, des rampes qui menaient au sous-sol, il sut qu’il se trouvait au bon endroit. Le métal du revolver lui frigorifia la main. Des jeunes noirs dansaient agressivement autour d’un tonneau enflammé. Lorenzo jeta un coup d’oeil circulaire et fit le dessin de cigare aux couleurs pastels sur le côté d’un revendeur. Une vieille bâtisse qui prenait l’humidité.

En filant rapidement tout droit, il aperçut au bas de la pente où menaient les rampes une porte vraisemblablement aussi pourrie que le bois qui la bordait. Il se planqua dans la rue adjacente, ayant eu juste le temps de repérer les abords de la maison. Il y avait du monde. Probablement des vendeurs de crack vu la discrétion des hommes qui s’y arrêtaient quelques instant. Il faudrait faire diversion. En regardant les flammes au loin, il chercha quelque chose d’autre à flamber. Il trouva un vieux clochard, sortit des billets et lui fit signe du menton qu’il voulait sa bouteille de rhum. Le vieux, hésita, attendit qu’il sorte un peu plus de liquidité, puis déguerpit sans demandé son reste, trop heureux d’avoir pouillé un jeune blanc-bec. Lorenzo sortit un vieux mouchoir, le fourra à moitié pour le gorger d’alcool. Il passa de nouveau dans la rue, frôlant les flammes qui s’emparèrent du mouchoir. Regagnant un endroit peu éclairé, il allait jeter son cocktail molotov prêt à donner naissance à un feu d’artifice. Il ne s’était pas rendu compte qu’il venait d’être suivi.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Mardi 12 février 2008



Journal de Jonathan Grave (11)

Maintenant qu’avec Deb nous avons trouvé notre meurtrier idéal, il ne nous reste plus qu’à le convaincre qu’il peut et doit le faire. Pour cela, nous devons tout d’abord l’observer, connaître ses points faibles, savoir ce qui pourrait le faire sortir de ses gonds. Nous savons déjà grâce à nos observations qu’il n’est pas au mieux de sa forme, qu’il souffre du divorce de ses parents et de la non reconnaissance de son père. Nous savons aussi qu’il voue une certaine haine vis-à-vis du système. C’est cette haine que Deb et moi allons devoir attiser. Mais la chose la plus importante que nous ayons appris c’est que son père possède une arme à feu et que Aaron sais où elle est et comment s’en servir. Tout cela ne va pas être facile mais le jeu en vaut la chandelle. Notre plan d’action est simple, pour ma part, je dois essayer d’influencer Aaron avec des messages subliminaux, l’amener de lui-même à se rendre compte de ce qu’il doit faire. Deb, elle va jouer son rôle de fille cool mais accessible pour s’intéresser à lui et faire en sorte qu’il s’intéresse à elle. A nous deux, nous devrions y arriver.

Sinon, la police a rendu son rapport d’enquête préliminaire sur le meurtre de Sally et comme on pouvait s’y attendre ils n’ont rien trouvé. La déclaration disait qu’en l’absence de nouveaux éléments, l’enquête était close. Cela fut d’autant plus facile pour eux que personne n’insisterait pour que l’enquête aille plus loin : les gens ne s’étaient pas intéressé à Sally Poodle de son vivant il n’y a pas de raison qu’ils s’intéressent à elle au moment de sa mort.


Lycée de R***, trois jours plus tard

Lorsqu’il arriva au lycée ce matin là, et comme tous les matins depuis quelques temps, Aaron eu une forte envie de tout plastiquer. Il n’en pouvait plus de ce cadre étriqué, de cette course à la performance. Lui, tout ce qu’il voulait c’était faire du skate et dessiner. Mais même ça, il n’arrivait plus à le faire avec plaisir. Il avait tout le temps cette image de son père en train de le traité de raté, de bon à rien qui ne pourrait vivre ni de son crayon, ni de son skate quoique puisse lui dire son utopiste de mère. Sa mère. Elle, l’avait toujours encouragé à dessiner mais en lui rappelant qu’il devait quand même faire des efforts à l’école. A coté de cela, pas étonnant que son père l’ai quitté pour une espèce de salope dix ans plus jeune que lui. Elle était fade, ordinaire, quelconque… la parfaite petite ménagère. Lorsqu’elle avait appris la liaison de son mari elle n’avait rien dit. Et, lorsqu’il lui avait annoncé qu’il la quittait elle était tombée des nues. Son père, pour autant qu’Aaron le sache il n’avait quasiment jamais été présent pour lui. Toujours en voyage d’affaire, en conférence, rentrant tard le soir. Il n’avait jamais assisté à un seul de ses matches de Base-ball, ne l’avait jamais emmené pêché comme le faisait les pères de ses copains. Mais il se permettait de le juger. Les quelques heures par mois où il le voyait s’était pour lui faire la morale. Mais comment osait-il ??? Il n’avait pas le droit. Un jour ils paieraient. Lui et tous ceux qui, dans ce lycée lui rendaient la vie infernale. Ils verraient de quoi le « raté » était capable.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Camille
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Mardi 12 février 2008



Nous ne pûmes rester que quelques instants auprès de notre grand malade, le médecin nous pria rapidement de sortir afin de le laisser se reposer. Il ne serait habilité à sortir de l’hôpital que deux jours plus tard, et devrait continuer à se reposer encore quelques temps. Nous fumes également informé qu’une équipe de spécialiste viendrait nous aider à rechercher l’origine de l’intoxication, et ce le plus tôt possible.

De retour à la maison nous commençâmes à fouiller la cuisine, espérant trouver un pot de confiture ou de miel que personne d’autre que Jérôme n’aurait touché, mais à part un nombre incroyable de cadavres de bières et de paquets de chips rien ne nous parut anormal dans cette pièce. Avant même que nous puissions nous attaquer au reste de la maison, un camion blanc se gara dans la cour, quatre personnes en sortirent et nous fûmes envahis en quelques secondes.

« - Mademoiselle. Nous avons reçu l’ordre d’inspecter la maison pour rechercher les bactéries misent en cause dans le cas de botulisme contracté par votre ami. Pour cela nous allons procéder par étape, pièce par pièce, et nous allons devoir vous demander de vous débarrasser de tout aliment pouvant vous paraître suspect, ou bien que vous ne vous souvenez pas d’avoir acheter. C’est clair pour vous ?
- Euh, oui, mais vous n’êtes pas un peu radicale ?
- Mademoiselle, pardonnez ma brusquerie mais on ne rigole pas avec le botulisme. Votre ami aurait très bien pu ne pas s’en sortir. D’après les analyses on n’a pas vu ce type de bactéries depuis les Guerres napoléoniennes ! Autant vous dire qu’elles sont du genre coriace. Je préfère m’assurer que personne d’autre ne sera intoxiqué.
- Ok ok ! La cuisine est par là… »

Et ça avait duré des heures… Ils prenaient chaque aliment, chaque condiment, chaque boisson, ils en prélevaient un échantillon et se débarrassaient du reste. Nous avions tenté de leur expliquer que nous avions nous aussi mangé de tous ces aliments mais ils ne voulaient rien entendre, la santé publique passait avant tout, et bien entendu nous ne serions pas dédommagé pour ce grand gaspillage. Devant nos yeux s’envolaient deux semaines de nourriture, achetée d’avance pour nous permettre une relative autarcie. Dépités, Laurent et Alain se chargèrent de retourner en ville pour nous réapprovisionner. Les hommes en blancs continuèrent leur travail, et ils voulurent même fouiller le grenier, bien que je leur affirmais que nous n’y stockions aucune nourriture.
« - Vous peut-être. Mais pour ce qui est des anciens propriétaires… Nous ne devons rien laisser au hasard ! »
Ils ne trouvèrent rien de compromettant, et prirent donc le chemin du retour.

Nous avions regardé le camion s’éloigner dans l’allée, la mort dans l’âme. Notre moral était au plus bas, et nous n’avions même plus de quoi nous restaurer pour nous réconforter.
Le bruit d’une voiture nous redonna espoir, nous imaginions déjà Alain et Laurent, les bras chargés de victuailles. Mais nous étions bien loin de la réalité. C’est une voiture de police qui s’arrêta devant nous, et deux officiers qui nous saluèrent en nous invitant à entrer dans la maison comme s’il s’agissait de la leur.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
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