Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 00:03

Chapter 14 : Close up

Le garçon tomba à la renverse, au milieu du parterre de fleur. Le père de Julian, sonné par l’impact qu’il venait de donner sur le mur, se redressa et brandit à nouveau la batte en direction du garçon. Reculant comme il pouvait, le dos dans la terre, Lorenzo entendit à peine ce que lui hurlait l’homme fou-furieux. L’arbuste à ses côtés fut démoli pour les violents coups de batte et envoyé quelques mètres plus loin. Profitant à ce que l’homme cherche à trouver un meilleur appui que la terre meuble, le garçon envoya un solide coup dans les jambes qui envoya son adversaire droit dans les fleurs. Se redressant aussitôt, il attrapa la batte, se tenant au-dessus de l’homme désarmé. L’arme en main, il hésita deux secondes à laisser libre cours à la colère. Mais se rendant compte qu’il n’avait encore reçu aucun coup, il envoya la batte par-dessus la haie. Le souffle court, il se tourna vers la mère et s’écria :

“C’est quoi tout ça ? J’étais juste venu voir Méline ! C’est pas vrai, mais vous êtes des malades ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Moi, qu’est-ce que j’ai fait ?”

La femme, les yeux violacés par les pleurs, porta une main à sa bouche pour contenir une nouvelle crise de larmes. Son mari se redressa, attrapa Lorenzo à la gorge et le plaqua contre le crépi. À le voir d’aussi près, le garçon se rendit compte qu’il avait pleuré autant que sa femme et que toute sa rage n’était animée que par un désespoir profond.

“C’est de ta faute, tu ne comprends pas ? Ce qui lui est arrivé, c’est de ta faute !”

Le visage de Lorenzo se décomposa. Il ne comprenait que trop bien de qui il parlait. Peinant à formuler sa question, en partie à cause de la boule qui se formait dans sa gorge, en partie parce que celle-ci était écrasée par une main énorme, il bégaya :

“Qu’est-ce... qu... Elle est là ?... Dîtes moi qu’elle est là... Non, pas ça...”

Il se mit à trembler et des larmes jaillirent sans qu’il puisse les retenir. Il grimaça pour ne pas laisser les sanglots le submerger mais ses paupières n’empêchait rien de couler. L’homme fut incapable d’aller plus loin et relâcha lentement son étreinte. Comprenant que le garçon ne savait même pas ce qui c’était passé, il ne savait comment le lui reprocher. Sa haine était toujours présente mais il ne savait comment lui donner une autre forme que le désespoir. Lorenzo se dégagea d’un coup sec et tomba face à face avec la mère qui tenait un mouchoir pour tarir ses larmes, en vain. Le garçon jeta un coup d’oeil à l’intérieur et vit Julian, dans le même état que ses parents, affalé au milieu d’un escalier, qui jetait de temps à autre un regard à l’étage.

Lorenzo se précipita à l’intérieur, passant par dessus son camarade de classe. À l’étage il repéra la porte de la chambre pailleté d’étoile affichant un poster de Confession of a Dangerous Man. Tapant contre le battant, il pria Méline de lui ouvrir. Il n’y aucun réponse. N’en supportant pas plus, Julian dévala les escaliers et disparu au rez-de-chaussée. Lorenzo, incapable de se faire une raison, continua à tambouriner la porte, sentant ses forces l’abandonner. Son front tomba contre le chambranle. Fermant ses yeux sous le poids des larmes, il murmura :

“Qu’est-ce qui s’est passé, bon sang... C’est pas vrai, qu’est-ce qui s’est passé... merde, c’est pas possible ! C’est pas possible...”

Il entendit alors du bruit, de l’autre côté de la porte. Animé tout d’un coup d’un fol espoir, il se remit à cogner contre le battant.

“Méline ? Est-ce que tu peux m’ouvrir ? Il faut que je te voie, Méline, s’il te plaît !

_ Non...”

Ses émotions se mélangèrent et formèrent un sentiment insupportable de soulagement et de consternation. Il tomba à terre, le dos contre le chambranle. Se prenant la tête entre les mains, il essaya de trouver un moyen de la convaincre d’ouvrir.

“Méline... Tu peux me dire ce qu’y a bien pu se passer ?

_ Non...”

Incapable de se rendre compte de la gravité de ce qui avait bien pu y avoir, il s’accrocha à la première idée qui lui vint pour briser ce mur de silence et de bois qui les séparait. Essayant de se souvenir de l’histoire exacte, il commença à raconter, luttant pour ne pas être interrompu par ses propres larmes :

“Quand il était en prison sur je sais plus quelle île, Mandela ne pouvait parler à personne. Les prisonniers politiques à l’époque étaient enfermés dans des endroits totalement à part du reste des taulards. Et un jour il a commencé à parler à travers sa porte de prison à l’un de ses gardiens. Pourtant l’autre gars c’était un pur salaud, un xénophobe pur souche. Je... je sais pas ce que j’ai fait... Si tu pouvais juste me dire quelque chose,... s’il te plaît...”

Il y eu un bref chamboulement dans la chambre, un froissement de drap. Puis le silence revint, insupportable. Lorenzo se tapa l’arrière de la tête contre la porte, avant d’entendre le même bruit de l’autre côté. À l’ombre qui se glissait sous le battant, il comprit que Méline s’était traînée jusqu’à lui, restait assise elle aussi contre la porte.

“Méline... dis quelque chose...”

Il l’entendait respirer, à moitié paniquée. Son coeur lui fit horriblement mal. C’était d’autant plus insoutenable qu’il ne savait toujours pas ce qui avait pu se passer, et plus le temps filait, plus l’horreur prenait d’ampleur. Il eut un sursaut quand d’un coup un murmure s’éleva :

“Qu’est-ce qui s’est passé, pour Mandela ?”

Trop content d’avoir eu une réponse, Lorenzo chercha à se rappeler la fin de l’histoire, séchant le plus vite possible ses joues pour ne avoir l’air larmoyant.

“En fait, ça dépend de la version. Le gardien a écrit un bouquin après qui expliquait comment grâce au dialogue qu’ils ont eu à travers cette porte il a comprit l’horreur des discriminations raciales et tout ça, et qu’il est devenu un brave type. Enfin, ça c’est le gentil côté de l’histoire, le grand méchant qui au seul son de la voix d’un homme modèle devient lucide et repenti. L’autre version accuse ce même gardien d’avoir profité de Mandela pour se faire du fric, en publiant son bouquin. Genre en se servant d’informations personnelles, en lisant son courrier et en gardant pour lui ses lettres. Mandela a du faire une dizaine d’année là-bas, avant de passer une autre prison, ça fait pas mal de temps à discuter à une porte en métal...”

Quand il se tut, elle venait juste de se moucher le nez. Il ne savait quoi faire, s’il devait insister pour qu’elle ouvre ou qu’elle parle, ou s’il devait lui laisser le temps qu’elle y soit décidée. Ne supportant ce silence, il opta en se mordant la lèvre pour la première solution :

“Est-ce que... est-ce que tu veux que je vienne ? Je... je sais pas quoi dire... je sais pas ce qui a pu se passer... je comprends que quelque chose qui... je sais pas...”

L’ombre sous la porte s’effaça. Il y eu un cliquetis, puis un bruit mécanique. Dans un murmure, il entendit : “Jure-moi que tu ne diras rien.”

Il le jura, en ravalant sa salive devenue amère. Il tremblait. Un peu de lumière parvint du battant entrouvert. Il faillit se mordre la langue en découvrant ce qu’on lui avait fait. Ses cheveux avaient été ravagés à grands coups de ciseaux. Elle portait la marque d'estafilades partout où l’on pouvoir voir de la peau. Elle avait un hématome complètement noir sur le côté d’un oeil, de la grosseur d’un point, et une longue cicatrice lui bordait toute la tempe. Elle était habillée d’une longue chemise de nuit qu’elle tordait de ses doigts fermement crispés au niveau du ventre.

Lorenzo se sentit à nouveau submergé par un capharnaüm de sentiment, luttant contre la révulsion face aux actes qu’on lui avait fait subir, ainsi que contre l’envie de la serrer le plus fort possible dans ses bras. Il ne parvint à ouvrir la bouche que pour lui demander :

“Qui... qui a pu faire ça...”

Elle fit un signe négatif de la tête, de longs filets de larmes coulant sur ses joues. Ne contrôlant plus ce qu’il faisait, Lorenzo serra son poing aussi fort qu’il put et se mordit les phalanges jusqu’au sang. Il s’approcha de Méline, et emmêla les pleurs de la jeune fille aux siens.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 23:13



_ Sur le Chemin ? demande Will. Ce n’est pas possib…

_ Un 4x4, deux voitures et trois motos. Ils arrivent.

_ Oh. Alors c’est possible. J’aurais pas cru.

_ Réagis, merde ! Ils viennent pour Anna ! Vous deux, filez, je vais les ralentir ! »

Will s’accroche au bras d’Anna et la force à courir vers la Maison.

« On ne va pas la laisser en arrière ! crie Anna. Donne-lui un flingue au moins !

_ Ne t’inquiète pas, elle ne craint rien, ils n’ont pas d’argent sur eux !

_ ARRETES AVEC CES CONNERIES ! C’est pas un putain de jeu ! Elle va vraiment…

_ Tiens, les voilà, conclut tranquillement l’adolescent.

Will s’arrête de courir, se met devant Anna et sors ses deux revolvers. Le Chemin est droit et ils voient encore Rosita, deux cent mètres devant eux, qui reste debout devant les voitures. Les conducteurs pilent. Trop tard. La voiture de tête ne freine pas à temps et aurait percutée Rosita de plein fouet si la jeune fille n’avait pas planté ses doigts – ses griffes à présent – dans son capot. Son bras tendu ne bronche pas d’un millimètre lorsque la voiture suivante s’encastre dans la première. Les hommes sortent des voitures et braquent leurs armes sur Rosita… qui se transforme.

Les mots du livre reviennent à l’esprit d’Anna : Les loups-garous capables de se transformer à volonté sont rares. Ils sont de loin les plus redoutables : ils associent l’intelligence des humains, le flair du loup et une force colossale qui dépasse la combinaison des deux.

Les plus doués peuvent transformer certaines parties de leur corps uniquement et rester au stade mi-humain mi-loup qui leur assure une grande habilité dans toutes les situations.


Une grande habilité. Oui. On peut dire ça.

Rosita n’est devenue qu’à moitié louve. Elle a toujours des mains, quoi que griffues. Elle se tient debout. Mais son visage… Ses crocs… Elle est si…

Terrifiante. Inhumaine.

_ Tu vois, dit Will, elle s’en sort très bien. Allez, on se tire. Elle ne va pas les tuer. Elle est non-violente. »

Anna détourne la tête du spectacle atroce et court de toutes ses forces. Dans leur dos résonne le vrombissement des deux motos que Rosita n’a pas réussi à détruire. Très calmement, Will se retourne et tire. Anna n’entend qu’un seul coup de feu mais il a dû en tirer deux, parfaitement au même moment, qui ont touché leur cible : le pneu avant des deux motos éclate et leurs conducteurs partent en vol plané. Ils se blessent méchamment à l’atterrissage. Le sang coule, sombre comme une âme damnée, sur la claire poussière du Chemin. Anna commence à trembler. Et si le monstre-loup venait, attiré par l’odeur du sang qu’elle dégusterait comme un exquis vin noir ? Non, pas le monstre, se corrige Anna. Rosita. Rosita qui détruit les voitures mais qui ne veut pas tuer. Même si les loups-garous ont besoin de manger entre 15 et 20 kilos de viande par jour pour rester en bonne santé. En-dessous, leur part animale prend un contrôle de plus en plus important et ils peuvent attaquer toutes les créatures qui pour eux ne sont plus que de la viande. La chair humaine reste une exception : elle est bien plus attirante en raison de ses effets euphorisants et l’odeur de sang humain peut être repérée à des kilomètres de distance.

Mais pas Rosita.

Malgré ses genoux tremblants Anna parvient à se remettre à courir. Derrière elle retentissent hurlements et coups de feu. Et grondement. Oui, le même terrible grondement qu’elle a entendu dans la grange.

Ce type de loup-garou est incapable de se contrôler au moment de la pleine lune.

Au moment de la pleine lune. Maintenant c’est fini. Maintenant ça va.

C’est ce que Anna veut absolument croire.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 23:21

Journal de Jonathan Grave (10)

Ca y est, notre père nous a appris comment repérer une personne qui pourrait être capable de transformer notre lycée en une mare de sang et c’est vrai que ça ne va pas être évident mais j’ai confiance. Deb et moi, à deux, on forme une super équipe. Après nous avoir enseigné comme chaque soir l’art de faire tourner une affaire de pompes funèbres et ce, devant un bon verre de vin de bordeaux, dont la robe était tellement foncée qu’il semblait presque qu’il buvait un vin noir, notre père nous mis néanmoins en garde. Il nous rappela que, si une fusillade éclatait dans notre lycée nous ne devions pas nous trouver comme cible du tireur mais nous ne devions pas non plus nous trouver ailleurs qu’au lycée pour ne pas éveiller les soupçons.


Lycée de R***

Lorsque Déborah arriva au lycée ce matin là, elle alla directement voir Elena. Elena était celle que tout le monde considérait comme sa meilleure amie et, si Déborah avait eu la même idée que la majorité de gens de ce qu’était un ami, elle aurait sûrement été d’accord. Mais, pour elle, Elena était une compagnie agréable et un moyen de ne pas passer pour une extra terrestre. Son seul véritable ami, celui pour lequel elle éprouvait une véritable affection et une confiance sans bornes c’était son frère, Jonathan. Et elle savait que c’était réciproque. Il le lui avait dit un jour, au cours de l’une de leurs longues conversations. Elle joua parfaitement son rôle de fille « cool » durant les premiers cours de la matinée mais à la pause, elle savait qu’il lui faudrait jouer un autre rôle. Et discrètement celui-là. Avec son frère, ils avaient repéré un élève d’une autre classe mais qui était en sport et en biologie avec eux et qui pourraient peut-être faire l’affaire pour leur projet. Emmenant Elena, elle prit pour prétexte d’avoir besoin de prendre un peu l’air loin de ses lèches bottes habituels pour sortir dans la cour. Tout en marchant, elle s’approcha de l’endroit où leur cible se trouvait, en train de discuter avec d’autres skateurs. Il avait l’air malheureux et il n’avait pas l’air passionné par la conversation. Deb ralentit en passant près d’eux. Assez pour entendre de quoi il parlait mais de telle sorte que cela n’attire pas leur attention. Ses copains parlaient de leur prochaine sortie au skate parc mais lui semblait ailleurs. S’ils avaient retenu Aaron comme cible potentielle c’est parce qu’il avait montré certains signes intéressants. Le plus évocateur avait été les mots qu’il avait prononcés à voix basse, pour lui-même, lorsque la professeur de biologie leur avait rendu leur dernier devoir où lui avait eu un D. Déborah qui était juste devant lui s’en souvenait parfaitement. Il avait dit qu’il allait tous les descendre, tous. Les profs, son père et même ces connards de premiers de la classe. Là, Deborah se dit qu’elle et Jonathan pourraient faire parti du lot : tout deux étaient plutôt des habitués des A. En plus de cela, Jonathan s’était renseigné sur lui après des autres garçons de la classe. En ce moment, Aaron était de plus en plus taciturne. Il n’avait jamais été très gai mais, depuis le divorce de ses parents c’était de pire en pire. Ajouté à cela que son père, qui n’était jamais là lui mettait la pression à cause de ses résultats scolaires médiocres et que les rares conversations avec celui-ci tournaient systématiquement au vinaigre à ce propos.

Bref, dans la petite ville de R***, Aaron était le client idéal. Il ne restait plus qu’à trouver comment l’amener à « tous les descendre »…

Par DesLyres - Publié dans : Archives Camille
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 01:40

Chapter 15 : Angelo Rossi

Il n’y avait aucun bruit autour de la table. Habituellement ce genre de réunion était bruyant comme un bazar oriental, mais ce jour-là le patriarche de la Famiglia restait le nez au-dessus de son assiette, macérant ses pensées et les victuailles qu’il enfournait dans sa bouche à un rythme régulier. Les cousins, cousines, oncles et tantes informelles faisaient de même, épiant du coin de l’oeil la moindre de ses réactions qui les autoriseraient enfin à parler. Mais ce moment ne venait pas.

Non loin du patriarche, son premier petit-fils gardait lui aussi le silence, mais sans toucher à son assiette. Le regard perdu dans l’obscurité du vin italien qui ternissait le verre à pied en face de lui, Lorenzo laissait couler le silence pesant autour de lui, sans participer à la mascarade.

Tous les Rossi avaient été appelés au dernier moment, mais comme à chaque demande de réunion venant de la part du patriarche, aucun n’avait osé manquer le traditionnel repas. Certains avaient du parcourir des centaines de kilomètres pour prendre part à un problème qui ne les toucherait pourtant jamais. Les esprits commençaient à s’échauffer, n’ayant toujours aucune idée de la cause de cette réunion. C’est alors qu’Angelo Rossi, se passant une main dans la nuque, se leva. Il s’essuya la bouche, reposa sa serviette après avoir remis les couverts à leur juste endroit, puis commença à parler.

Il était question de l’hérédité, du lien familiale, des origines et de la terre nourricière. Chaque personne dans l’assemblée étant née dans cette ville, tout le monde se sentit immédiatement concerné. Puis, le patriarche exposa un bref résumé de la situation des affaires, laissant le soin à tous de vérifier la part qui leur revenait, ou qu’ils devaient encore combler. Il en vint alors à la raison propre de la venue de tous. Il n’avait jamais tenu de propos intolérant au sujet des différentes communautés qui tenaient les autres quartiers de la ville. Mais cette fois-ci il s’en prit directement aux cubains, à leurs moeurs dégénérés et à la menace qu’ils représentaient dorénavant.

Son discours fut interrompu par le grincement d’une chaise. Lorenzo n’avait pas été avertit de la provenance de la tentative de meurtre sur sa soeur. Mais il ne lui en fallait pas plus pour comprendre d’où cette haine était née chez son grand-père. Serrant les dents, respirant de plus en plus fort, il se saisit de son verre de vin noir. Faisant tourner le liquide dans le cristal, il regardait toujours droit devant lui.

“Les cubains ? Ouais, bien sûr... Par hasard ils auraient pas non plus un tatouage, genre un crabe avec des salles pattes bien tranchantes ? Bien sûr... On aurait pas oublié de me prévenir de deux ou trois trucs dans cette foutue famille !”

Fabio se leva d’un bond, levant la main pour obliger son fils à montrer un peu plus de respect. Angelo eu un regard perçant à son encontre et la menace en resta là. Il comprenait très bien ce que son petit-fils pouvait ressentir et hésitait encore de la tournure que prendrait les événements. Mais il ne pouvait encore rien savoir de ce qu’y s’était passé au sujet de Méline, ni du fait que le tatouage était la seul chose qu’elle avait pu retenir de ses agresseurs.

Lorenzo empêcha son grand-père de reprendre son discours en donnant un nouveau coup dans sa chaise. Puis il envoya son verre se briser contre le mur en face de lui et tourna les talons.

“Faites chier...”

D’un geste Angelo apaisa le courroux qui gronda dans la salle. Revenant au problème majeur que devait affronter la famille, il chargea Fabio d’orchestrer les représailles. Il n’en faudrait pas longtemps au monde de la pègre pour apprendre la tension qui animait désormais les deux communautés italienne et cubaine. Il était impossible à la famille Rossi de ne pas prendre les devants. Quand la réunion pu se passer de lui, Angelo s’éclipsa et partit à la recherche de son petit-fils. Quelques minutes lui suffirent pour se rendre compte que Lorenzo n’était nul part dans la propriété. Récupérant le peu de ses affaires auxquelles il tenait, il avait traversé les jardins, pour ne sans doute plus revenir.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 02:21

Quand Gur, Lur et Zur deviendront roi? (Première partie)

La Fée Protectrice se pencha au-dessus des berceaux et décida que les trois jeunes princes qu'elle avait sous les yeux auraient une destinée hors du commun. Il devront, afin de devenir roi un jour, affronter de grands dangers, et dépasser la peur elle-même...


  Dans un château vivaient un roi et une reine avec leurs trois enfants. Le plus jeune s'appelait Gur, le deuxième Lur, le troisième et l'aîné, Zur. Les trois jeunes gens, qui étaient en âge de se marier, n'arrivaient pas à se trouver une gentille épouse avec laquelle passer la fin de leurs jours. Le roi, qui se rappelait les paroles de la Fée Protectrice, amena ses fils un à un dans la Salle des Toboggans de la Destinée. Cette Salle que les trois princes connaissaient par coeur, était très grande et richement décorée. Elle comportait une bonne centaines de toboggans de toutes les tailles disséminés un peu partout dans la pièce et qui s'enfonçaient dans chacun des quatre murs. Les princes se demandaient pourquoi leur père les avait amenés ici. C'est alors qu'il prit la parole de sa puissante voix :

"- Mes fils. A votre naissance, la Fée Protectrice m'a confié une mission pour chacun d'entre vous. Vous allez devoir emprunter un toboggan différent qui vous propulsera dans un autre monde, et ce afin d'y trouver une épouse, de la ramener ici et que je vous donne, ou non, ma bénédiction pour le mariage. Le voyage sera long et difficile mais j'ai confiance en vous. Je vous souhaite à présent bon courage et revenez moi en un seul morceau je vous prie..."

Les trois princes restèrent sans voix devant le discours du roi. Le regardant tourner les talons et partir, ils se consultèrent du regard avant que Zur ne commence à se diriger au hasard devant un toboggan vert dont l'échelle paraissait interminable. Il fut le premier à se décider, et se mit à grimper jusqu'en haut avec ardeur. Il s'assit lourdement sur le bord du toboggan et hop! il disparut soudainement, laissant ses deux frères derrière lui sans scrupules. Lur choisit un toboggan de plus petite envergure, se hissa jusqu'au sommet et se volatilisa lui aussi. Il ne restait plus que Gur qui se tourna vers un toboggan rouge de taille normale. Quelques secondes plus tard, la pièce était vide, Gur ayant glissé du haut de son toboggan...

Zur arriva dans un pays qui sentait le chocolat. Il avait atterri devant la pancarte de la ville qui lui indiquait "Pays de Azvar dit "Le-sans-gros-orteil" ". "Voilà une contrée qui promet" se dit Zur, grommelant à moitié.

Après quelques minutes de marche, il s'arrêta devant une statue marron qui représentait Azvar. Une petite fille qui passait par là lui signala de ne pas s'approcher trop près, la chaleur humaine faisant fondre le chocolat. En regardant d'un peu plus près (malgré les recommandations de la fillette) Zur remarqua qu'effectivement, la statue était faite en chocolat. Et là ce qui devait arriver arriva... La statue se mit à fondre au niveau des pieds de Azvar, le privant des orteils qui lui restaient... C'est alors que deux immenses chouettes se jetèrent sur Zur, l'attrapant au niveau des avants-bras et l'amena au château de celui qui devait être le roi de ce pays.

Une fois arrivés à la cour du château, les rapaces lâchèrent Zur qui tomba lourdement sur le sol. Là, deux gardes lui ligotèrent les mains avant de l'emmener face à leur seigneur. Le roi l'attendait, assis sur un imposant trône tout en chocolat. Il avait l'air passablement furieux quand Zur fut jeté à ses pieds. Ce dernier tenta tout d'abord de s'excuser d'avoir abîmé l'oeuvre d'art mais le roi ne voulut rien entendre. Il ordonna que Zur soit enfermé dans le donjon pour la vie. Une fois prisonnier, Zur essaya de comprendre comment il en était arrivé là, et ce en l'espace d'une demi-heure à peine..." Ce roi est complètement fou" se dit-il "Il faut absolument que je me sauve d'ici et que je remplisse ma mission si je veux devenir roi un jour...". C'est à ce moment là qu'il s'aperçut de la présence d'une autre personne dans la pièce. C'était apparemment une jeune fille, un peu sale et en guenilles certes, mais qui portait en elle un signe de majesté évident.

"- Toi aussi tu as essayé de lui couper le reste de ses doigts de pieds?" lui demanda-t-elle.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Elodie
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 23:05

Quand Gur, Lur et Zur deviendront roi? (Deuxième partie)


- On peut dire ça comme ça...disons que j'ai eu l'audace de faire fondre les royaux orteils en chocolat de sa majesté, au coeur de la ville.." répondit Zur

- Je vois...

- Et toi? Pour quelles raisons es-tu enfermée ici? demanda Zur.

- C'est moi qui ait coupé les deux gros orteils d'Azvar... Azvar est mon père, un roi tyrannique dans l'âme qui a décidé de mener la vie dure aux habitants du royaume du chocolat. Sa force réside dans ses doigts de pieds... Oui je sais que cela peut paraître complétement absurde dit comme ça, mais étant petit, le roi a trempé le bout de ses pieds dans un ruisseau magique et a acquérrit une force incroyable. C'est pourquoi je dois faire en sorte de lui enlever ce pouvoir afin de nous sauver tous. Malheuresement j'ai echoué dans ma mission et mon père veux ma mort à présent. J'attends ici le verdict qui doit être donné dans deux jours, après que les conseillers se soient rassemblés...expliqua la jeune fille. Mais pardon je ne me suis pas présentée: je m'appelle Azur, princesse légitime du royaume du chocolat. Et toi tu es?

- Zur, pour vous servir! Mais ton histoire est des plus tragiques... Moi je suis ici pour trouver une épouse selon la volonté de mon père. Mais je sens que je vais rester coincé ici un bout de temps... dit Zur

- Ca dépends...Tu n'aurais pas une petite faim par hasard? demanda Azur d'un air malicieux.

Azur proposa à son nouvel ami de "grignoter" la prison, car comme toutes choses dans ce royaume, la prison était faite de chocolat savoureux. Ne se le faisant pas dire deux fois, Zur commença à manger à pleines dents les murs de leur cellule, leur ouvrant un passage vers la liberté. Zur se demandait cependant pourquoi Azur ne mangeait pas elle aussi pour qu'ils puissent sortir plus tôt de cet endroit maudit. Elle lui expliqua que comme elle aussi était faite en chocolat, elle ne pouvait évidement pas l'aider dans cette tâche. Ayant terminé de s'attaquer aux barreaux, Zur et Azur purent enfin s'enfuir. Grâce à la précieuse aide de la princesse qui connaissait tous les passages secrets du château, ils furent hors de portée des gardes et du sinistre roi en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

La princesse expliqua à Zur qu'elle se devait d'achever sa mission et qu'elle devait pour cela retourner au palais au plus vite. Zur refusa de la laisser y aller seule. Il était prince tout de même et cette demoiselle était en détresse! Ce fut donc quelques contestations plus tard que les deux compagnons élaborèrent un plan. Ils avaient décidé ensemble d'attaquer le roi pendant la nuit, quand il dormira du sommeil le plus profond.

***

La nuit était tombée depuis déjà deux bonnes heures lorsque nos deux compagnons s'introduisirent à l'intérieur du château. Zur se mit à chuchoter " eho, eho, on s'en va au boulot..." juste avant de recevoir une tape par Azur qui lui demanda de faire moins de bruit- à moins qu'il tienne absoluement à faire une indigestion pour se sortir une nouvelle fois prison. " Ro pardon je me suis trompé d'histoire..." pensa Zur; ronchonnant à moitié. Azur fit signe à Zur de s'arrêter. Ils étaient à présent devant la porte de la chambre du roi. On pouvait entendre les ronflements de ce dernier qui dormait comme un véritable bébé. Sans un bruit, ils se glissèrent à pas de fourmis jusqu'au lit d' Azvar. Azur sortit une immense paire de ciseaux pendant que Zur soulevait la couette en prenant milles précautions. Et d'un coup sec, d'un seul, azur sectionna les huit doigts de pieds qu'il restait au roi. Azvar se reveilla en sursaut, et tenta de se lever en hurlant de douleur. Zur s'éloigna le plus loin qu'il pu du roi qui était en train de fondre petit à petit, et entraina Azur vers lui. Dans une dernière ébulition, le roi hurla une ultime fois avant de disparaître définitivement.

Voilà, le peuple du royaume de chocolat était enfin sain et sauf et Azur était toute désignée pour succéder au trône de son defunt père. Zur était resté admiratif devant la belle princesse; il aimait en elle son courage et son impulsivité et même le fait que se soit une dominatrice née. Ne tardant pas, il la demanda en mariage sur-le champs! Et ce fut main dans la main que notre jeune couple retourna voir le père de Zur afin d'obtenir sa bénédiction.

Mais qu'en était-il des deux autres frères?

Lur, avait attéri dans un pays froid et gelé. Se remettant debout en grelottant, il essaya tant bien que mal d'avancer sur le chemin recouvert de glace. Le soleil qui se reflettait tout autour de lui l'aveuglait complètement. C'est alors qu'une voix lui chuchota à l'oreille:

"- Hé bien étranger, on a oublié sa paire de lunettes de soleil et ses patins on dirait..."

Par DesLyres - Publié dans : Archives Elodie
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 23:13



Toute la matinée, Laurent, Etienne, Alain, Bertrand et Christophe s’étaient affairés dans la maison afin de me préparer des petits nids douillets dans le salon, sur la terrasse, dans le jardin, et dans ma chambre. Ils savaient que j’allais devoir rester allongée mais il n’était pas question que je reste à l’étage, seule, loin du soleil et de mes amis.

Sur la terrasse ils avaient installé un transat, mon préféré, un parasol et une table avec quelques affaires indispensables : un livre, de la musique, à manger et à boire. Au fond du jardin, à l’ombre des arbres, il y avait un matelas de bain de soleil sur l’herbe, garnis de nombreux coussins. Au salon le canapé faisait face à la télévision, et des chaises avaient été descendues du grenier pour que les garçons puissent s’asseoir en me laissant le canapé. Et pour finir, ils avaient installé dans ma chambre une petite télévision avec lecteur DVD, ils avaient fabriqué une petite table-plateau pour que je puisse manger en restant au lit, et ils m’avaient acheté un nombre incroyable de friandises afin de rendre ma convalescence plus supportable. Je les remerciais chaleureusement pour toutes ces attentions, et décidais d’aller tester mon coin terrasse.

Tout le monde était au petit soin avec moi, et ils n’hésitaient pas à interrompre les travaux pour venir voir si je ne manquais de rien, s’il fallait déplacer le parasol, etc.

Jérôme était le plus attentionné de tous, il restait longtemps à mes côtés, me racontant combien il avait eu peur pour moi, combien il m’aimait et ne supporterait pas qu’il m’arrive malheur. Je lui promettais donc de ne pas mourir avant lui. Et il me promettait de ne pas mourir avant une centaine d’année !

Je passais donc mes après-midi au soleil, à regarder mes hommes trimer sous la chaleur écrasante, trempés d’une sueur à laquelle aimaient se frotter les mouches. Je rigolais de les voir jeter des regards furtifs dans ma direction afin de s’assurer que je ne m’étais pas cassée une autre côte en tombant de mon transat !

La soirée fut tout aussi charmante. J'eus droit à des crêpes, mon plat préféré, accompagnées de cidre pour les garçons et d’anti-douleur pour moi ! Nous regardâmes un film de Tarantino au salon et lorsque je fus fatiguée Jérôme me porta jusque dans mon lit. De leur côté ils finirent la soirée en faisant le moins de bruit possible, même si je leur avais signalé que de toute façon je prenais des somnifères !

La douleur diminuait un peu chaque jour, et mon visage reprenait forme humaine, mais pour ce qui était de sa couleur c’était encore loin d’être parfait ! Mes parents, ainsi que Laura m’avaient rendu visite, et m’avaient couverte de cadeaux : des fleurs, des livres, des chocolats et un joli chèque pour m’aider à réparer ma voiture ! Laura m’avait apporté des fruits et des légumes ainsi que des gâteaux « bio », du jus de fruit « bio », et même du maquillage « bio ».

Mes journées se passaient calmement et je commençais à m’ennuyer. Ma santé s’améliorait rapidement, ainsi que mon moral puisqu’Etienne n’avait pas repris ses agissements bizarres depuis mon accident. Il avait « juste » passé cinq heures à faire mon portrait au fusain. Il était vraiment doué et j’avais pensé qu’il m’offrirait son œuvre d’art mais il avait apparemment préféré la garder pour lui.

Par DesLyres - Publié dans : Archives La Méli-Mélo
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 23:20



Elle ne comprend pas ce qui lui arrive quand elle est enfin en vue de la Maison. C’est beaucoup trop beau pour être vrai. Leurs poursuivants sont encore loin derrière. Vite, elle se précipite dans le refuge, suivie de Will et immédiatement après de Rosita. Si c’est bien Rosita. Elle est recouverte de poils et son visage n’est plus qu’un long museau qui sert de fourreau aux plus épouvantables dents qu’Anna ait jamais vue… La jeune fille détourne la tête et peu à peu revient à la normal. Puis demande à Will :

« Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

L’adolescent hausse les épaules et répond :

_ Ils sont les bienvenus dans la Maison, tu sais bien. On ne peut pas fermer la porte à des étrangers.

_ Mais ils vont tuer Anna !

_ Personne ne peut mourir dans la Maison.

_ Mais on peut avoir mal ! Je sais ce que ça fait de se prendre une balle dans la tête ! J’aurais préféré mourir plutôt que de subir ça, et pourtant moi je guéris vite !

_ On va la protéger. T’inquiète.

Rosita se tourne vers Anna qui est restée immobile, dos au mur, les yeux fermés. C’est visible qu’elle est en train de craquer. Mais Rosita sait que maintenant qu’Anna a découvert son apparence bestiale, elle aura bien du mal à la rassurer. Une fois de plus la jeune fille maudit l’injustice du sort. Les vampires se nourrissent de sang humain et tout le monde leur trouve une classe folle. Les loups-garous peuvent se retenir d’attaquer les humains – même si c’est horriblement difficile – et tout le monde les trouve monstrueux. Elle avait espéré qu’Anna comprendrait… si on lui expliquait en douceur… mais même dans les meilleures conditions du monde il y aurait eu très peu de chances pour qu’Anna l’accepte telle qu’elle est. Tant pis. Ce n’est pas une raison pour la laisser tomber.

Tatie Yanelle est bien sûr déjà au courant que les méchants arrivent, ses visions l’ont prévenues et elle s’est chargée de prévenir tout le monde, pourtant chacun continue ses activités quotidiennes. A l’exception de Will et Rosita qui tirent une Anna léthargique – mais toujours solidement accrochée à son sac – derrière eux. Direction l’atelier de Will. Dans cette pièce il y a partout des armes. Des lance-roquettes. Des hallebardes. Des arbalètes en acier. Des couteaux en silex. Des battes de base-ball cloutées. Des aiguilles empoisonnées. Bref, un bel assortiment de tout ce que l’humanité a créé un jour pour massacrer son prochain. Sur un coté, une forge et des outils permettent visiblement au jeune homme de réaliser certaines pièces lui-même.

Will englobe le tout d’un geste du bras généreux et dit à Anna :

_ Sers-toi. Tout marche parfaitement. Rosita ?

_ Oui ? répond celle-ci.

_ Est-ce que tu pourrais descendre t’occuper d’eux ? Je pense qu’on peut les forcer à laisser tomber, si on leur fait assez peur.

Rosita regarde quelques secondes Anna d’un air déçu puis répond :

_ D’accord.

Elle quitte la pièce. Will ouvre un panneau qui dévoile une bonne centaine d’écran de télévision. Il les allume. Chaque écran est connecté à une caméra de la Maison, et apparemment il n’y en a pas deux qui filment la même pièce. En plus des dizaines de pièces vides, on peut voir Yanelle qui tire les cartes à la lueur des chandelles, Edmond qui joue du piano, le Baron qui lit dans un grand fauteuil, Mémé qui essaye ses robes, Isobelle qui prépare des potions, Akira qui dort et Rosita qui dévale l’escalier. Anna se penche.

_ Tu crois qu’ils vont faire du mal à Rosita ? Elle n’est même pas armée…

_ Ne t’en fais pas pour elle, c’est la plus forte notre loupiote ! Je crois qu’elle-même elle ne réalise pas à quel point elle est forte. Et courageuse. Elle vit avec ça, tu comprends… Avec sa malédiction.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Luma
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 00:22

Chapter 16 : Haussman

“Tiens, c’est là.”

La ferraille grinça et les pans successifs de la porte furent repoussés contre le mur de brique. Lorenzo entra, précédant le propriétaire des lieux. Étant donné qu’ils allaient à la même école pour ultra-riches, il s’était imaginé que son camarade avait à son compte un immense appartement sur l’une des rues les plus chères de la ville. Il ne s’était pas du tout attendu à un tel taudis. Au sommet d’un building où un étage sur deux relevait du squatte, il avait pour lui tout un étage délabré. Il avait rafistolé les fenêtres pour lutter contre les intempéries et installé lui-même le chauffage, l’eau et l'électricité. Tout traînait à même le sol, le matelas et les draps, les bouquins de cours, le réchaud, les boîtes de conserve, l’immense cage du rat, des chandelles consumées qui pour la plupart n’étaient plus que des ronds de cire incrusté dans le béton.

“Tu m’expliques, là ? Je croyais que ta famille était friquée jusqu’en Irlande ?

_ Ma famille, ouais. Mais pas question de vivre avec eux, ni dans un endroit sur lequel ils auraient la main mise.

_ Mais il te file du fric, quand même ?

_ Ben ouais, c’est leur seul façon de me tenir encore un peu. Pour l’école j’ai pas le choix, vu qu’ils se mangent un directeur par année. Mais pour la piaule, ils sont obligés de me donner le fric. On va dire que je préfère m’en servir pour une meilleure cause.”

Haussman se renversa sur son matelas et se grilla une cigarette en observant le plafond.

“Pause tes affaires, je dois avoir un autre matelas à te filer. Sinon j’irais en acheter un autre.

_ Ouais, mais vu la déco de ton appart, je me demande bien ce que tu en fais de ton fric.”

L’autre étudiant se redressa, écrasa d’un geste brusque son mégot, et regarda fixement Lorenzo. Au bout d’une minute il consentit à lui dire :

“Tu jures de ne jamais rien en dire.

_ Quelle solennité ! J’imagine que ça doit être hautement répréhensible.

_ Attends là.”

Il se leva et disparu au fond de l’étage où trônaient un grande quantité de bâche et de débris que les maçons avaient laissé quand le projet de construction avait été abandonné. Il en revint assez vite, traînant un matelas derrière lui. Il le jeta en direction de Lorenzo, lui promettant de lui dénicher des draps sans poussière. Il avait gardé en main un rectangle de tissu, monté sur une courte planche de bois. Il le tourna doucement, avant de se décider à le montrer franchement. C’était un tableau, dessiné avec des moyens de fortunes, de la craie, du charbon et une teinture d’argile. Admiratif, Lorenzo demanda :

“Lilium ? C’est des fleurs ?

_ Des lys, espèce d’inculte !

_ Et ça peut être orange, ou c’est parce que t’avais pas d’autres couleurs ?

_ Oui, ça peut être orange...”

Haussman allait ranger sa peinture, un peu dépité par l'accueil moqueur qu’il avait eu. Mais Lorenzo l’en empêcha en s’emparant de la toile et en la regardant de plus près.

“En tout cas tu as un fichu talent ! T’en as d’autre comme ça ?

_ Euh, ouais. Mais pas ici.

_ Si t’as besoin je connais une galerie qui...

_ Je sais pas, c’est pas mon truc.

_ C’est bon, va. Je comprends. Mais je m’étais vraiment attendu à un truc illégal !

_ Bah, si tu y tiens, j’ai ce qu’il faut dans mes contacts !

_ Ouais... laissa Lorenzo en suspend. Je sais pas... Tu pourrais me trouver un flingue ?"

Haussman resta muet, guettant à la lueur des yeux de son ami s’il était sincère. Il l’était.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Florent
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 00:45



Manon dormait paisiblement, encore habillée, le bras droit pendant par dessus le lit, sa main frôlant le livre qui était tombé à terre. Elle avait été tellement prise par l'intrigue mais était si fatiguée qu'elle s'était endormie en lisant, la lumière encore allumée. Et le pauvre livre gisait à terre, ouvert sur le sol, certaines de ces pages s'étant cornées à cause de la chute. Mais il fut bientôt venger car un ouragan entra en trombe dans la chambre de la jeune fille.

« _ Manon! Manon! Manon! Réveille toi Liv à faillit mourir!

_ Hein??, fit-elle en luttant pour émerger. 

_ Aller! Aller! Aller! Manon réveille toi! Manon! Manon! Manon! ,cria la petite fille.

_ Oh la ferme!!!! »

Coralie se stoppa d'un seul coup, ouvrit grand la bouche inspira pendant cinq bonnes secondes et s'exclama:

« _ T'a dit un gros mot! Han!! Vincent! Vincent! Vincent!... »

La petite fille sortit en courant de la chambre, criant toujours le prénom de son grand frère. Manon passa ses mains sur sa tête puis s'affala sur son lit. Coralie hurla son nom, en réveillant sûrement la moitié de l'immeuble. La jeune fille se leva donc péniblement, massa son ventre que son corset meurtrissait, lissa sa jupe en velours noir et rejoignit la petite famille dans la cuisine. Vincent aidait Liv, qui avait un gros pansement au bras, à prendre son petit déjeuner pendant que Coralie jouait avec le petit jeu du paquet de corn-flakes.

« Qu'est-ce qui c'est passé Vincent?

_ Coralie a essayer de faire la piqûre à Liv. Ca c'est arrêté de saigner mais je l'emmènerai quand même chez le médecin après manger.

_ J'ai pas fait exprès de lui faire mal!! s'écria l'intéressée.

_ C'est bon calme toi un peu Co... mais comment t'es habillée toi?? Pourquoi t'a mis ta robe de sorcière?

_ Ben toi aussi t'es habillée en sorcière! »

Manon jeta un regard noir à sa soeur qui se mit en pleine contemplation du fond de son verre de jus d'orange pour le fuir.

«_ Si j'ai bien compris je dois l'accompagner à l'école.

_ Tu dois les accompagner toutes les deux à l'école normalement. Le temps que maman...

_ Ok! Ok! Ça va j'ai compris. Je suis désolée je me suis endormie comme une masse hier soir, j'ai pas eu le temps de mettre mon réveil. Je vais aller changer de haut ce corset me tue les côtes et Coralie toi tu as intérêt à te changer aussi sinon je ne te laisse pas voir les dessins animés pendant une semaine! »

Sous cette menace, la petite fille se précipita vers sa chambre.

« J'ai la tête qui tourne... » fit la petite voix de Liv. A peine Vincent se tourna vers elle qu'elle perdit connaissance, lui laissant juste le temps de la prendre dans ces bras.

Par DesLyres - Publié dans : Archives Audrey
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