Partager l'article ! Luma IX, p6b: _ C’est absurde, on ne peut pas avoir de jeu sans règles ! _ Il dit que tu vas perdre le contrôle. C’est ça q ...
_ C’est absurde, on ne peut pas avoir de jeu sans règles !
_ Il dit que tu vas perdre le contrôle. C’est ça qui est drôle.
Rosita approche son visage de celui de la femme. Elle gronde :
_ Si je perds le contrôle ici et maintenant, je te tue. Je te dévore en commençant par les entrailles. Et si tu en réchappes, je t’aurais maudite jusqu’à ce qu’une balle d’argent mette fin à ton calvaire. Tu trouves ça drôle ?
_ Si tu perds le contrôle, tu seras à lui.
_ Et si je ne le perds pas, je gagne ? ça va durer jusqu’à quand, cette imbécilité ?
_ Jusqu’à l’aube ! »
Rosita réfléchit. Garder le contrôle d’elle-même jusqu’à la fin de la nuit, ça semble largement faisable. Il y a donc un piège. D’un autre coté, l’envoyée du faux dieu n’a parlé d’aucune limite de comportement : elle peut donc profiter de ce temps pour trouver la créature et la tuer. Et si la chose a touché à son frère, ça va barder pour elle.
1er étage – Arthur, la jeune fille et l’homme en noir
L’homme en noir semble hébété en contemplant les traces des pilleurs. Lui qui voulait absolument devenir cambrioleur, il ne comprend pas pourquoi tout cet or ne l’attire plus. La fille non plus, d’ailleurs. Il ne se rappelle pas pourquoi il lui paraissait essentiel de l’impressionner. Après tout, il la connait à peine. Il ne sait même pas son nom.
Il lui dit maladroitement :
« Heu… il faudrait… il faudrait partir, non ? Je veux dire… avant qu’on ait des ennuis…
_ Vous avez déjà des ennuis, » soupire Arthur dans son dos. L’homme en noir sursaute et se retourne vers le veilleur de nuit, qui ajoute « Ceci dit, je pense que vous n’êtes pas responsable. C’est un genre de folie collective. Tout le monde a pété un câble, ce soir.
_ Qu’est-ce qui s’est passé ? » demande la jeune fille en se relevant. « Je n’ai pourtant rien pris, mais j’avais l’impression d’être… possédée.
_ Je ne sais pas, » dit Arthur « Je crois qu’aucun d’entre nous n’y comprend quoi que ce soit. En tous cas, je vais appeler la police et l’hôpital psy. »
Les deux autres approuvent. A coté d’eux, invisible et impalpable, le fantôme de Ginger s’allume une cigarette qui n’existe pas. Elle ne peut pas supprimer l’influence de la chose, seulement la limiter pour un temps, et ces trois-là lui semblent être les plus capables d’aider Rosita. Elle lance :
« Bon, à vous trois on dirait que vous réunissez au moins un demi-cerveau, donc je compte sur vous pour vous occuper de la partie matérielle du bordel. Il va falloir aider la Louve à ne pas devenir cinglée et pour ça, il faut distraire la bestiole pour qu’elle gaspille ses forces. Alors je compte sur vous pour être ordonnés et raisonnables, histoire de la rendre dingue. »
Les trois humains n’entendent pas consciemment sa voix mais approuvent sans s’en rendre compte : ordonnés et raisonnables, l’idée leur vient tout naturellement. Ginger sourit en faisant un rond de fumée. Elle a trouvé de bons clients.
Sous-sol – le Seigneur et le Maître
Le Seigneur est assis sur son trône fraichement décoré. Il s’amuse avec sa hache, qu’il lance en l’air et rattrape. Mais son esprit est ailleurs, concentré sur la tâche de faire chuter la conscience si pure de Rosita.
Le Maitre s’agenouille devant lui, attendant que le Seigneur s’aperçoive de sa présence. Ce qui n’est pas le cas. L’homme tente alors un timide :
« Seigneur… Que doit-on faire à présent ?
_ Amusez-moi.
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