Partager l'article ! Luma IX, p7: _ Comment ? _ Danse ! Les dents dévoilées du dieu sont terrifiantes, mais moins que son regard de br ...
_ Comment ?
_ Danse !
Les dents dévoilées du dieu sont terrifiantes, mais moins que son regard de braise. Le Maitre se met à gigoter maladroitement. A son grand soulagement, le Seigneur rit. Puis son attention se porte ailleurs. Loin au-dessus…
Il ne rit plus, mai son sourire dément s’élargit encore davantage.
Il murmure : Mange.
Et dans sa terreur le Maître cherche désespérément quelque chose à manger.
Dans les escaliers – la Louve
Rosita a repris sa forme de louve pour mieux courir et flairer. Elle traque la créature avec une énergie redoublée. Les seules effluves qu’elle trouve pour l’instant sont celles des humains.
Et la faim l’envahie.
Une crampe violente lui tord l’estomac. Elle serre les dents et crie : « Ca suffit ! », tentant par la parole de redonner de la force à sa part humaine, de ne plus écouter la louve affamée. Elle a mangé il y a peu de temps, ça devrait lui suffire. Elle se transforme à moitié et presse ses mains sur son estomac récalcitrant, tentant de le convaincre d’oublier la douleur. Elle serre encore davantage les dents, piètre tentative de se retenir. Il y a des humains tout près, elle les sent, elle peut presque en deviner le goût sur sa langue…
Elle comprend toute la perversion du défi que la créature lui a imposé : elle va devoir se battre contre elle-même, sa moitié humaine contre sa moitié surnaturelle et carnivore. Jusqu’à l’aube.
Rosita lève la tête vers la verrière. Les étoiles et la lune brillent. Le jour est encore très, très loin…
Manger. Elle doit manger. Elle veut manger.
Lentement, pour ne pas perdre le contrôle, Rosita avance au premier étage. Elle passe à coté des trois humains. Elle sent leur terreur en la voyant, demi-louve pliée en deux, se trainant laborieusement loin d’eux et de leur odeur tentatrice. Une fois l’obstacle passé, elle court. Il lui faut de la viande, au plus vite, pour calmer la faim de monstre qui lui fait perdre la tête.
On trouve un supermarché à cet étage. Les fidèles en ont déjà forcé l’entrée et la louve n’a plus qu’à courir dans les rayons, cherchant la précieuse nourriture. Elle passe devant choux, tomates et carottes sans leur accorder un regard. Il y a bien longtemps qu’elle n’est plus capable d’avaler ces choses-là sans se rendre malade. Enfin, les rayons boucherie, charcuterie, volaille : elle déchire les emballages plastiques et dévore tout ce qu’elle peut attraper. Le supermarché est petit, il ne sert qu’à dépanner les clients du centre commercial, mais Rosita parvient à manger une dizaine de kilos de viande. Leur poids et leur chaleur bienfaisante apaisent la douleur de son estomac tandis que l’énergie se répand dans son organisme, alimentant son énergie vitale.
Elle soupire. Ça va mieux, mais ce n’est pas passé loin. Et ces viandes plastifiées n’ont pas grand-chose à voir avec la viande délicieuse arrachée à une proie encore vivante. Ou à un humain. Pour le palais d’un loup-garou, aucune viande n’arrive à la cheville de la viande humaine. Immédiatement, Rosita chasse cette pensée. Elle n’a jamais voulu devenir louve-garou, elle n’a fait qu’être mordue et survivre. Cette malédiction a au moins eu le mérite de faire d’elle quelqu’un de spécial, possédant une force et des capacités au-delà de l’humain. C’est Rosita qui a fait le choix d’être davantage qu’une louve-garou, d’utiliser ses talents pour lutter contre ceux qui s’en prennent à des humains sans défense, comme elle l’a été. Elle ne veut pas de cette faim, elle ne veut pas de ce désir immonde de chair humaine, elle ne veut pas être louve et perdre le contrôle d’elle-même. Et c’est exactement ça que la créature veut.
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