Céline V

Vendredi 6 février 2009

Marathon Deslyres V : l’océan




Narcisse et l’océan








Par Céline

Illustration :

Tableau de Michelangelo Merisi, dit Le CARAVAGE - Narcisse – 1597 sur http://wodka.over-blog.com/article-2839379.html, détourné avec Photoshop

 





Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

J’ai grandi dans une cabane au fond de la forêt. Où ? Je ne le sais pas et je ne le saurai peut être jamais.

Les objets n’existaient pas. Je ne savais pas ce qu’ils étaient. Je vivais avec mon père et il était la seule personne que je voyais. Rien. Personne. Juste Moi et mon père, et mon père et moi. Pas de mère, pas de fille. De toute façon, à ce moment, dans la cabane au fond de la forêt, ma mère, les filles n’existaient pas. Et les objets…

La cabane. La cabane, était elle grande ou petite ? Je ne savais pas. Je ne pouvais pas savoir. Je ne savais rien. Et aujourd’hui que sais-je ? La forêt était grande et plus grande que la cabane. La cabane était plus petite que la forêt. J’étais plus petit qu’aujourd’hui donc la cabane était plus grande qu’aujourd’hui.

Mon père. Oui, mon père. Il avait un fusil. Un fusil était avec lui. Il tuait. On mangeait. Je mangeais au sol avec les doigts. Grâce aux doigts je pouvais manger. Je cuisinais avec du bois. Le bois était l’Objet. Les objets c’était le bois. Il n’y avait rien et il n’y avait personne. Il n’y avait personne et il n’y avait rien. Juste Moi et mon père et mon père et moi.

Mon père disait trois choses. Mon père me disait trois choses. Je n’entendais que trois choses : « Ti mec, lève-toi. Ti mec, lave-toi, Ti mec, mange », et heureusement sans toi.

Il n’y avait rien et il n’y avait personne. Pas de boîtes aux lettres. Pas de visite. Ni de boîtes aux lettres ni de visite. Il n’y avait rien et il n’y avait personne. Juste Moi et mon père et mon père, moi et…

Un jour, j’entendis un bruit. Un bruit tout près de moi. Un bruit qui se rapprochait. Un bruit juste à côté de moi. A côté de moi, il y avait un arbre. Aujourd’hui, je sais que l’arbre est un châtaigner. Mais quand j’étais petit, c’était cet arbre-là, cet arbre-là, cet arbre-là ou cet arbre-là. Cet arbre-là, le châtaigner, il était à côté de moi. Puis, il y avait le bruit. Un bruit. Pas mon père. Pas le vent. Pas le bois.  Un bruit. Un nouveau bruit.  J’avais peur mais je m’approchais.

 Il y avait un animal. « Une bête », comme disait mon père. Elle était petite avec ses quatre pattes, ses poils, sa queue. « Une bête, quoi », comme disait mon père. Je la fixai. Je pris une pierre. La pierre dans la main, je ne pensais même pas à réfléchir. Je rassemblai toute mes forces et cognai l’animal. Je le cognais. Je le cognais et le cognais. Je le cognais jusqu’à il ne fasse plus un bruit. Sans bruit. Un silence. J’étais fier. Fier je montrai l’animal à mon père. Un diner. Comme mon père, je ramenais un diner. Mon père regarda la bête. Il regardait moi et la « bête », la « bête » et moi. Il n’avait rien dit. Sans rien dire, je n’ai jamais su si nous l’avions mangé. L’avions-nous mangé ? Quelque temps après, j’ai pleuré. J’ai pleuré car j’avais tué ce qui aurait pu être mon premier ami : un chat. Un chat, pas une « bête ». Pas une « bête », un chat.
Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

Les jours passaient. Le nombre de levers du soleil et le nombre de couchers du soleil passaient. Il n’y avait toujours rien et il n’y avait toujours personne. Juste Moi et mon père, et mon père et moi. Le soleil venait de se lever. Mon père ne m’avait pas encore réveillé. Pas de « Ti mec, lève-toi ». Rien. Pas un mot de mon père. Je me suis levé pour m’approcher de lui. Mon père ne bougeait plus. Il ne faisait plus un bruit. Il était silence. Comme les bêtes de papa. Je n’ai pas pensé à réfléchir et je suis parti. Juste Moi et moi.

J’avais marché. Il y avait beaucoup d’arbres. Des arbres qui n’avaient jamais été là. Le soleil se couchait. Le soleil se levait. Mon départ n’avait pas d’arrivée. Je marchais et je marchais.

En une seconde, mon passé ne fut plus mon passé. En une seconde, mon passé devint présent. En une seconde, mon présent devint un futur autre que mon passé. La forêt sans fin était finie. En une seconde, la lueur m’éblouit.

Je n’avais jamais vu ça et il était même très difficile de le voir. La lueur n’était plus la même. Elle me brûlait les yeux. Mes yeux ne pouvaient s’empêchait de laisser des larmes couler sur mes joues. Les couleurs n’étaient plus les même. Les couleurs étaient nouvelles.  Le vent n’était plus le même. Je pouvais le sentir sur mon visage. Les fleurs n’étaient plus les mêmes. Et l’herbe. L’herbe recouvrait le sol. Mes yeux ne pouvaient voir jusqu’où elle s’étendait. Le ciel aussi. Cet immense bleu. Mes yeux ne pouvaient voir jusqu’où il s’étendait. Cette lueur. Cette clarté. Comment ? Pourquoi ? La forêt avait joué avec moi. La forêt avait mis ses mains devant mes yeux. J’étais assis. Je ne pouvais plus bouger. J’étais immobile.

Le soleil venait de se coucher. Je n’avais pas mangé. Je ne voulais pas manger. Je n’avais pas faim. Le temps passait pour laisser place à un spectacle que je n’avais jamais soupçonné jusqu’à ce jour. Plus le temps avançait, plus les petits points lumineux apparaissaient dans le ciel. Plus les étoiles devenaient visibles dans le ciel. Quel spectacle ! Quelle jouissance elle pouvait me procurer. Avais-je même déjà ressenti une telle émotion, même une émotion avant ce jour ? Je ne cessais plus de contempler ce spectacle. Mais les rêves ont fini par rattraper cette réalité.

Le soleil me réveilla très vite. Ce que je pouvais encore observer à ce moment était tout aussi beau que toutes les merveilles que j’avais découvertes la veille. J’étais allongé au milieu de l’herbe. L’herbe était fraîche. L’herbe me procurait des sensations agréables sur les bras, les mains et les pieds. Je me tournais sur le côté. Une bête. Un animal. Quelle bête ? Quel animal ? Plus grosse et plus grande que tous ce que j’avais pu voir jusqu’à ce jour. Les bêtes, elles avaient des tâches de toutes couleurs. Je n’avais jamais vu ça. Je n’avais jamais pu regarder ça. Cette nouvelle sensation me rendait nerveux. Je pris une brindille pour la mordiller dans tous les sens. Puis, je n’osai plus bouger.

Mon ouïe était très développée. Capacité indispensable à la chasse. Le bruit. Un bruit venait dans ma direction. Pas le bruit des bêtes. Pas le bruit des pas de mon père. Des pas légers comme les miens. Le rythme des pas. Le rythme de mon cœur. Le rythme des pas était celui de mon cœur. Je le savais. Il y avait quelqu'un. La peur. La peur me leva soudainement. Une peur. Un lever. Pour me défendre. Je voyais. Ce n’était ni une bête, ni mon père. Ni mon père, ni une bête. A ce moment, il y avait Moi et l’inconnu, et l’inconnu et moi.
Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

Je le regardais. Il me regardait. Un étranger. Il était étrange. Pas comme mon père. Pas de poils sur les joues. Des sourcils fins. Des traits fins. Un petit nez. Des petites oreilles. Des grands yeux. Des cheveux brillants. Des cheveux lisses. Des bosses sur la poitrine. Et une chose bizarre à la place du pantalon. Je regardais. J’étais naïf. Je ne comprenais pas. Je ne pouvais pas comprendre. Je voyais. Je voyais pour la première fois quelqu'un. Quelqu'un qui n’est pas mon père.

Je voulais parler. Je voulais dire quelque chose. Que savais-je dire ? Je commençais par prononcer deux mots auxquels l’inconnu répondait :

- Toi.

- Moi.

- Qui.

- Oui.

Je ne savais pas parler. Je ne savais pas dire. Je ne pouvais pas savoir quoi dire. L’inconnu parla à ma place :

- Je suis une fermière,

Qui en plus écrit des vers.

Je pars écrire.

Toi, tu m’inspires…

Elle partit. J’étais seul à nouveau. Juste Moi et moi.

Je n’avais rien compris. Rien compris à ce que l’inconnu m’avait dit. Je pouvais dire une chose. Je pouvais dire que sa voix était douce. Une voix agréable. Pas celle de mon père. La sienne. Douce. Toute douce. Sa voix m’avait apaisé. Une sensation. Une nouvelle sensation. Je n’avais rien dit. Je n‘avais rien pu dire. Plus tard, je compris. Elle fut la première raison de mon adoration pour la poésie. Elle fut mon premier amour. Elle fut la première femme que je croisai. Une femme.

Le temps passait un peu. Un peu de temps passait. De nouveau, des pas avançaient vers moi. Il y avait d’autres. Il y avait d’autres personnes. Il y avait Moi et des inconnus, et des inconnus et moi. Ils avançaient. Ils marchaient. Ils marchaient vers moi. Devant moi. Devant moi, ils me regardaient. Ils me regardaient. Ils me regardaient étonnés. Ils se regardaient. Ils me regardaient. Ils se regardaient. Ils se parlaient. Me regardaient. Se regardaient. Se parlaient. Ils me regardaient. Puis, ils regardaient derrière. L’inconnu aux bosses sur la poitrine courait vers nous. Ils me regardaient à nouveau. Ils la regardaient. Se regardaient. Puis, ils étaient tous les trois à me regarder.

Ils me faisaient des signes avec leurs mains. Ils rigolaient. Le rire. Je ne connaissais pas le rire. Ils étaient tous les trois devant moi à me regarder. A me faire des signes. Le plus grand était le père. Il me regardait. Il dirigeait ses mains vers lui. Il me disait « Frank ». L’autre inconnue était la mère. Elle me regardait. Elle dirigeait ses mains vers elle. Elle me disait « Anna ». La mère. Oui. La mère. Je n’avais pas de mère. Et le simple fait que j’en avais une me brisait le cœur. Ma mère. Pas de mère. La plus jeune était leur fille. Elle me regardait. Elle dirigeait ses mains vers elle. Elle me disait « Sabrina ». Elle s’approcha de moi. Ses lèvres. Ses lèvres se posèrent sur mes joues. Nouvelle sensation. Une sensation. Cette sensation me procurait un courant de chaleur. Un courant de chaleur qui parcourait mon corps tout entier. C’était la première fois. La première fois qu’une douceur se posait sur mon corps. Le premier souvenir de la douceur de deux peaux qui se touchent. Mes yeux, mon âme, mon esprit, mon être ne pouvaient que l’aimer.

Tous les trois me regardaient. Ils attendaient. Qu’attendaient-ils ? Ils attendaient que je leur donne ce qu’ils m’avaient donné. Ils se regardaient à nouveau. Se montraient du doigt et répétaient leurs prénoms. Mon père. Je me rappelais mon père. Je les regardais. Je dirigeai mes mains vers moi. Je leurs dis « Ti mec », en claquant des doigts. Ils se regardaient. Ils me regardaient. Ils souriaient. Un sourire gêné. Je les fixais pendant qu’ils se parlaient. Ils me regardaient à nouveau. Tous les trois me montraient du doigt. Ils me dirent en cœur : « Bastien ». Je sus plus tard, que le fils et le frère qui n’était pas né, devait se prénommer Bastien. Bastien. J’étais Bastien. Bastien était moi. Il y avait Bastien et les autres, les autres et Bastien.

Ils m’ont tout de suite adopté. Les choses allaient très vite maintenant. J’avais un nom et un prénom. Personne ne retrouva la cabane dans la forêt. J’avais l’interdiction de retourner là-bas. Alors, j’avais préféré dire que je ne savais pas où mon ancienne habitat était. Je ne voulais pas qu’on retrouve mon père. Papa. Je ne voulais pas qu’on retrouve mon passé. Je ne voulais rien dire. Je voulais seulement être au présent. Jamais, on ne trouva quelque indice sur moi. On ne savait rien. On m’avait donné un âge. Le médecin estimait ma morphologie d’un adolescent de quatorze ans. Avais-je plus ? Avais-je moins ? Ma mère. Je n’ai jamais rien appris sur elle. Ma nouvelle vie m’avait appris à aimer. J’avais appris à aimer la femme qui m’avait portée en elle. Ma mère. Cette femme que je n’ai jamais connue. Ma mère qui m’aurait aimée ou peut être pas. Cette femme qui aurait été la première à poser ses lèvres sur mes joues. Celle qui l’aurait fait tous les jours.  A chaque fois que je l’aurais croisée dans la même maison, même dans la même pièce.

J’apprenais vite. J’étais de plus en plus civilisé. Je savais lire, écrire, compter, manger avec des couverts et boire dans un verre… Mais mon histoire. Mon histoire, ce n’est pas cela. Mon histoire. Mon histoire, c’est autre chose. Mon histoire est une quête. Mon histoire est une obsession. Une réalité ? Un imaginaire ?

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009

Nous étions tous les quatre dans le champ. Moi. Bastien. Mon moi était Bastien depuis quelques secondes. Ma main n’était plus dans l’air. Ma main était dans celles de Sabrina et  Anna. Elles me tiraient à travers la prairie. A travers la prairie elles me tiraient. Le bonheur. Une sensation. Une sensation de bonheur que je n’avais jamais connue. Nous étions devant la porte de la cabane. Une grande cabane. Une maison. Leur maison était une ferme. Ils ouvrirent la porte. Je rentrai. Elle me regardait. Anna me dit « fais comme chez toi ». Je n’avais pas compris. Aujourd’hui, je comprends. Mais avant ce jour, avais-je eu un « chez moi »? Puis, je me retrouvais tout seul. J’étais tout seul dans l’inconnu. Juste Moi Bastien et moi Bastien.

J’avançais calmement. Calmement, je regardais partout. C’était grand. La ferme était grande. La cabane avait été petite. J’entrai dans une pièce. Oui. J’avais ouvert une porte et je suis entré dans une pièce. Des couleurs. Il y avait des couleurs partout. Des couleurs. Des couleurs que je connaissais. Des couleurs que je ne connaissais pas. Il y avait un objet. Un objet en bois. Une chaise. Je ne savais pas ce qu’elle était. Je l’ai regardée. Je l’ai regardée et je me suis assis dessus. Un acte. Juste un acte. Juste cet acte. Ma vie a basculé. Juste un acte pour voir ma vie basculer. Une vie comme une balançoire. On tire la balançoire très haut. Elle se balance longtemps. Plus on la tire haut, plus elle se balance longtemps. La balançoire. Je suis cette balançoire. Cette balançoire de la vie. Elle balance et ne s’est toujours pas arrêtée.

Devant moi, il y avait quelqu'un. Quelqu'un était devant moi. Juste Moi Bastien et quelqu'un, quelqu'un et moi Bastien. Je le regardais. Je dirigeai mes mains vers moi. Je lui dis « Bastien ». Il fit comme moi. Ses lèvres bougeaient mais il ne disait rien. Il m’imitait sans dire un mot. Il faisait comme moi. J’ai voulu le toucher et lui aussi. Il n’a pas réussi. Moi non plus. Je touchais un objet dur et froid. Un objet froid et dur. Oui, un objet. Un objet, pas quelqu'un. Sabrina rentrait dans la chambre à ce moment là. Elle disait des mots que je ne comprenais pas. Sa voix était moins douce. Pas douce. Où était sa voix douce ? Plus tard, je compris ce qu’on m’avait expliqué ce jour là. J’étais rentré dans sa chambre. Sa chambre. Son lieu intime. L’interdit de Bastien. Moi, Bastien, je n’avais pas le droit d’entrer dans sa chambre sans sa permission. Sans sa permission.

Quelque temps se sont écoulés comme l’eau que j’entendais au fond du couloir. Anna me regardait. Anna me souriait. Puis elle m’a emmené dans la pièce du fond. J’ai pris mon premier bain. Dans ce bain, j’ai appris à me laver. Me laver comme les êtres humains. Et là. Mon cœur se mit à battre plus fort. L’objet. Le même objet que tout à l’heure. Dans la chambre de Sabrina, il y avait le même  objet. Cette fois-ci, j’ai pu regarder. J’ai eu le temps de regarder. Je regardais. C’était moi, Bastien. Juste Moi Bastien. Moi Bastien devant moi Bastien. Un reflet. Mon reflet. Le reflet de moi Bastien que je n’avais jamais vu. Étais-je beau ou laid ? Je ne me suis jamais posé la question. Une question dont la réponse n’existe pas pour moi. Moi, Bastien, je ne veux pas de cette question. Je ne sais pas et je n’ai jamais voulu savoir.

A partir de ce jour, j’ai aimé les objets. J’ai aimé l’objet. L’objet. Le miroir. Le miroir, je l’ai aimé. J’avais découvert le reflet. Mon reflet. Le reflet de Bastien. Pas celui de Ti mec. Ti  mec n’avait pas eu de reflet. Je ne voulais plus qu’une chose. Une seule chose. Me regarder. Regarder moi. Regarder Bastien.

Je n’avais jamais le temps. Une demi-heure le matin pour quatre dans la salle de bain. Puis la chambre de Sabrina, je ne pouvais pas y aller.  J’aimais trop ma famille pour leur mentir. Mais je savais que le jour viendrait. Le jour où je pourrais me regarder. Regarder moi. Regarder Bastien.

Un jour, Anna et Frank m’appelèrent à les rejoindre dans la cuisine. Ils s’approchèrent de moi pour me mettre quelques pièces dans la main. Ils m’expliquèrent la date de notre rencontre. Un an était passé. Pour eux, c’était la date de ma naissance. Celle de mon anniversaire. Je pouvais m’offrir ce que je voulais avec ces quelques sous. Je n’avais pas besoin de réfléchir. Je savais ce que je voulais : un miroir.

Les quelques pièces en poche, je recherchai mon cadeau. Mon premier cadeau. Malheureusement, je n’avais pas assez d’argent. Je décidai alors de parcourir les petites annonces. Frank achetait souvent l’hebdomadaire de la région. J’avais vraiment de la chance. Il y avait une toute petite annonce : «Très beau miroir datant de 1890. Occasion à saisir. Taille 15 x 20 cm. Tel : 75 32 37 31. Prix : 10F ». Le miroir était petit mais j’avais justement quinze francs. Nous n’avions pas encore le téléphone. Je partis en ville décidé à acheter le miroir. J’ai appelé. Trois jours après, le facteur me déposait le miroir. Mon premier miroir. Mon propre reflet. Un miroir, juste à moi, Bastien.
Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 9 février 2009

Je tenais enfin le miroir entre mes mains. Je décidai d’aller dans ma chambre pour le déposer à côté de mon lit. Je m’allongeai sur le drap blanc. Je commençai à examiner ce nouvel objet que je voulais appeler mon totem. Pour la première fois, j’avais le temps de me regarder. Je me contemplais. Je n’étais pas dérangé et je n’allais pas énerver Sabrina. Le temps passait mais je ne pouvais pu ôter mes yeux de mon reflet. Je touchais, mon nez, mes yeux, mes joues. Je passais les mains sur mon visage, sur ce que les autres voyaient de moi.

C’était moi. Oui, c’était moi. J’avais un visage et une silhouette que je n’avais jamais soupçonnés avant mon départ de la forêt. Devant le miroir, je cherchais quelque chose. Mais je ne savais pas encore quoi. Que voulais-je vraiment trouver ? La beauté ? La laideur ? L’un ou l’autre changerait-il vraiment ce que je suis ? De le savoir, ferait-il de moi un autre homme ?

Les heures, les minutes et les secondes passaient. Mes yeux ne pouvaient toujours pas se détourner du miroir. Mes yeux ! Oui, mes yeux ! La couleur de mes yeux ne disait toujours rien sur moi. Mon visage ne racontait rien sur mon être. Dans la cabane, je ne m’étais jamais vu. Avais-je même existé avant l’instant de mon premier pas hors de la forêt ? Avant cette entrée dans la lumière ?

Mon visage était immobile devant le miroir. Pourtant, je me posais des questions. Il y avait des pensées en moi. Où était-elle dans mon reflet ? Où ? « Dites-le moi », criai-je sans voix. Et je répétais cette question sans cesse. Mes pensées, où sont-elles dans le miroir ? Mon cœur commençait à battre très fort. Ma tête commençait à tourner. Je criais en moi. Je me parlais. Le miroir ne me montrait rien de tout ça. Vraiment rien. Mon corps tout entier commençait à me brûler. Une ivresse physique et spirituelle comme un souffle sur la balançoire qui me faisait basculer très vite dans tous les sens. Cette sensation était intense et incontrôlable. La peur commençait à m’envahir. Une voix me sauva de cet état. Elle me disait, tout doucement, « à table ».

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 9 février 2009

Les jours passaient. Je trouvais le temps lent puis, parfois il accélérait. Il était semblable à ma pensée. Ce temps qui passe. Ces idées qui nous parcourent. Ils sont toujours différents.  Mais mon visage.  Il était pareil. Il était identique tous les jours. Pourtant, ceux de ma nouvelle famille changeaient très souvent. Ils avaient parfois les yeux plus ou moins fermés, la bouche souriante ou la bouche fermée… Mais dans mon miroir, j’avais toujours le même reflet.

Je passais secrètement tout mon temps libre à me contempler. Le miroir faisait à présent partie de moi. J’avais beau chercher mais ne trouvais pas. Mais que cherchais-je vraiment ? Ma beauté ? Moi-même ? Je ne trouvais rien sur mon visage mais, en moi, ma quête devenait de plus en plus évidente. Je cherchais mon moi. Pas n’importe lequel. Je voulais saisir celui qui a cette voix en moi, celui que j’entends lorsque je m’interroge sur la vie quotidienne ou sur la Vie ou sur la mienne. Je savais qu’avec ce miroir, j’allais le trouver. Un jour, mon reflet allait répondre à ma question. Celle qui m’amène sans cesse au multiple. Qui suis-je ? J’avais trouvé ma quête. Je savais que je parviendrai un jour à y répondre. Je savais que mon reflet me répondrait. De la même manière que Lucky Luke ne pouvait être sans son ombre. Jamais il n’aurait pu savoir ce qu’il était, être jusqu’à la légende, s’il n’avait jamais regardé son ombre. Je n’attendrai pas. Je chercherai. Je regarderai mes reflets pour répondre à ce qui me hante. Tous, jusqu’à l’empreinte de mon pied dans la terre. Tout ça. Oui. Juste pour répondre à une question. Ce fut mon secret. Celui de ma vie. 

Je n’aimais pas dormir. Disons, je n’aimais pas le noir : la nuit que procuraient les volets fermés. Je voulais toujours les laisser ouverts. Anna m’avait expliqué qu’ils permettaient de maintenir plus de chaleur dans la ferme. Je lui obéissais toujours. Je l’aimais comme une mère alors j’avais peur de lui faire du mal, peur de lui désobéir. J’aurais pu laisser le volet ouvert. J’avais chaud dans ma chambre. J’avais même toujours chaud. Dans la forêt, il faisait beaucoup plus froid. Le noir me faisait peur car il me rappelait justement la forêt. Une vie où il y avait juste Moi et mon père, mon père et moi. Ma nouvelle vie était comme une renaissance. Une vie avec des émotions, des gens, des boîtes aux lettres, des objets et des miroirs. Je connaissais l’amour d’une famille. Une nouvelle conscience qui me menait à la peur d’un passé, la marque d’une tristesse, la déception d’avoir conscience que je n’ai pas  connu ma mère.

Tous les matins, en me réveillant, ma première pensée et ma première action étaient de poser mon regard sur l’oreiller. Je passais aussi ma main dessus. Il prenait toujours la forme de ma tête. J’insistais toujours en espérant pouvoir trouver le souvenir de mes rêves dans cette empreinte. Malheureusement, je ne trouvais rien. Je perdais toujours mes rêves. Sabrina m’avait appris à les aimer. Ce sentiment était la lueur de ma peur de la nuit. Sabrina se souvenait souvent de ses rêves. Ils lui permettaient d’écrire ses poèmes. Elle m’avait prêté son cahier lorsque j’avais appris à lire. Son petit recueil m’avait ouvert les yeux sur la vie et sur elle. Sabrina, je l’aimais. Elle m’avait ouvert les yeux sur beaucoup mais pas encore sur moi-même. Cependant, grâce à elle, je croyais encore plus fort à ma quête. Un jour, mon reflet me dira…

 

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 10 février 2009

Je sortis de la chambre après avoir pris soin de faire mon lit. Sabrina m’avait appris à le border correctement. Elle avait beaucoup ri ce jour là. En passant la porte, il n’y avait pas l’odeur du lait chaud. Cette sensation de tous les matins qui m’appelait en direction de la table pour le petit déjeuner. Je n’entendais rien non plus. La maison semblait être vide. Où étaient-ils tous ?

Nous étions dimanche : un jour identique pour Anna et Frank. Je regardais l’heure dans la cuisine. L’horloge indiquait huit heures. La traite des vaches devait déjà être terminée depuis une heure. Pourquoi ne m’avaient-ils pas réveillé ? Le temps m’avait-il trompé ?

Je sortis de la ferme pour rejoindre tout le monde. Tous les trois vaquaient à leurs occupations. Frank était en train de soigner les vaches. Sabrina riait avec le veau qu’elle tentait de nourrir.  Anna était dans le poulailler. J’avançai vers elle dans l’espoir de comprendre ce qui avait bien pu se passer ce matin. Lorsqu’elle m’entendit, elle me regarda en souriant. Son regard et son sourire me rassurèrent instantanément. Sa propre satisfaction était aussi devenue la mienne.

Je lui expliquai que je n’avais pas saisi ce qui s’était passé lorsque j’étais sorti de ma chambre : le petit déjeuner, l’heure et leur absence. Au fond de moi, la perte du temps et la solitude inhabituelle, dans laquelle je m’étais trouvé, m’avaient profondément angoissé. J’avais senti un véritable manque lorsque j’avais pénétré dans la cuisine : pas d’odeur de lait, pas le sourire de Sabrina, pas de mouvements d’Anna et pas de va-et-vient de Frank, en train de courir partout à cause de son retard pour la traite des vaches, à laquelle il avait souvent cinq minutes d’avance. Elle fit comprendre que le sentiment que j’avais eu ce matin était pour elle une preuve d’amour que je pouvais avoir à leur égard. Elle m’expliqua pourquoi j’avais été seul ce matin. Ils m’avaient laissé dormir.

Anna et son mari ne pouvaient jamais se le permettre. Ils avaient trop de travail et ils ne s’accordaient jamais de temps libre. Frank était le travailleur le plus courageux que j’aie pu rencontrer dans le village. Les privilèges comme rester au lit étaient pour lui un luxe qu’il ne pouvait pas se permettre. Ils disaient toujours : « je dois être à l’heure. Les vaches le sont. Je ne dois pas les faire attendre ». Puis il me disait toujours en rigolant avec sa voix grave : « Tu verras Bastien, seules les femmes aiment se faire désirer. Pas mes vaches». Aujourd’hui, je me demande si cette expression n’est pas partie de lui. Il l’a répété sans cesse. Il aimait attendre sa femme et il la désirait lorsqu’elle prenait le temps de se maquiller et de se parfumer pour les grandes occasions. C’était très rare : deux à trois fois l’année, au moment des fêtes. Les moyens financiers ne permettaient pas un tel investissement. Anna, je la trouvais belle et j’aimais son odeur lorsqu’elle m’embrassait. Je ne pouvais la décrire. Il fallait la voir ou même juste passer le regard sur elle pour comprendre. Il était impossible de ne pas la remarquer. Elle n’avait besoin de rien pour être belle. Quand je la regardais, je me demandais souvent à quoi ressemblait ma mère ? Quelle odeur pouvait-elle avoir ?

Ainsi, quelques années plus tard j’ai appris l’expression la grasse matinée. Ce jour là, je l’aurais plutôt appelé la grâce matinée. Tous les trois s’étaient dit que je serais heureux de dormir plus longtemps. Pourtant, je n’étais pas satisfait. J’étais gêné par ce qui s’était passé. D’où ce sentiment pouvait-il venir ?  En aidant Anna à remettre de la paille dans la cage des lapins, je réfléchissais. Je me souvenais m’être réveillé comme tous les matins. J’avais entendu le claquement de la porte de la chambre de Sabrina en face de la mienne comme tous les jours. J’avais ouvert les yeux à ce moment et je ne m’étais pas endormi à nouveau. Je m’étais levé. J’avais ensuite cherché mes rêves dans l’empreinte de mon visage sur l’oreiller. Cette fois-ci, peut-être que la réponse à ma question était dans ce que j’avais pu observer en le regardant ?

Je continuai les occupations de la journée. Quelques heures venaient de passer quand je pus enfin expliquer mon retard dans la cuisine. J’avais vécu une trahison, une véritable trahison de ma pensée. J’avais regardé l’oreiller à la poursuite de ma quête. J’avais disparu un moment, oubliant ma vie dans le monde. J’avais perdu mes sens au point de ne plus entendre aucun bruit dans la ferme. Mon « absence » avait été longue ce matin là. Pourtant le temps ne m’avait pas trahi. La trahison, c’était moi. Mon regard posé sur l’oreiller à travers le temps.

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 10 février 2009

           

Trois années avaient passé. Je n’avais toujours pas abouti à ma quête, celle-ci était sans fin. Mes reflets, mes empreintes ne voulaient toujours pas répondre à la question de mon être. Etais-je encore trop jeune ? J’avais décidé de partir. Je devais faire un long voyage afin de m’accomplir.  Je devais voir l’ailleurs. Cette volonté me venait d’une rencontre que j’avais faite quelques mois auparavant.

Ce jour-là, j’étais au bord de l’eau, à une centaine de mètres de la ferme. J’avais promis à Anna de lui trouver quelques poissons pour le déjeuner. J’étais seul au bord du ruisseau. Je regardais mon reflet toujours avec la même ambition. Je n’avais pas entendu, un homme s’approchait de moi. Je l’ai surnommé plus tard le Voyageur. Cette fois-ci, j’étais surpris le regard plongé sur moi-même. Face à face, il m’avait longuement fixé dans les yeux avant de m’adresser la parole.

Ensuite, il se mit à parler. Je l’écoutai quelques temps. Il m’avait résumé les dix dernières années de sa vie.  Son sac à dos sur les épaules, il était parti très jeune de chez ses parents. Il était fils de commerçants. Sa famille tenait une boulangerie dans l’Est du pays. Il avait refusé de suivre le même chemin qu’elle. Il me décrit les nombreux paysages qu’il avait pu admirer et les nombreux pays qu’il avait pu découvrir. Lorsqu’il commença à me parler de l’océan, je ne pus continuer à l’écouter. Il venait de me donner un rêve, un rêve loin de celui que j’avais pu connaître lors de mes cours de géographie. Son récit était celui d’un amour pour cette étendue d’eau. Cet Immense paraissait sans fin pour un homme debout devant lui. Une quête dans ma propre quête venait d’éclore. Je voyais l’océan tel un miroir. Le miroir du ciel qui pouvait devenir le mien. Je devais le faire. Je devais partir tel un voyageur, comme le Voyageur. Je devais marcher le sac sur l’épaule vers l’océan. Ce miroir. Mon reflet. Peut être le miroir de mon reflet, celui de ma quête. L’homme était reparti. Il avait fini par me dire : « Sois prudent. Ne te noies pas toi-même ».

Ainsi trois années après mes quinze ans, le jour de mon anniversaire, celui de la rencontre avec Frank, Anna et Sabrina, je savais que je devais partir. Je n’avais pas parlé de ma décision. J’avais attendu car ainsi personne n’aurait le temps de me faire changer d’avis. J’étais décidé à partir le lendemain. Sabrina, mon premier amour, organisa mon anniversaire. Elle avait préparé des gâteaux, des friandises, des confettis, des serpentins et elle avait décoré la salle. De la même manière qu’Anna et moi avions préparé le sien quelques mois avant pour fêter ses dix-huit ans. Ce fut le plus beau de mes anniversaires. Les camarades du village était venus. Tout autour de moi, ce fut un concert de joie, de rire, d’amusement et de bonheur. La fête se finit. Tout le monde rentra chez soi. J’étais décidé à avouer mon départ.

Je rassemblai mon courage. Dans la cuisine, il ya avait Anna et Sabrina. J’appelais Frank à nous rejoindre. Je leurs expliquai ma volonté. Je leurs avouai la possession dont j’étais victime, une quête que je ne pouvais pas leur expliquer. Elle était en moi. Elle devait le rester. Elle était mon secret. Je leurs dis juste que je ne voulais pas attendre d’être vieux avant de trouver ma réponse. Comme toujours, ils m’avaient regardé et ils m’avaient souri. A ce moment, je compris qu’ils allaient me laisser partir sans me dire un mot.

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 12 février 2009

Je partis dans ma chambre. En me couchant, je pris soin de chaque geste qui était devenu mon quotidien. Tous ces gestes qui avaient fait de moi un homme civilisé. Je suis rentré dans le lit. Les draps étaient doux. Je tenais dans les mains le cadeau de Sabrina. Elle m’avait offert un jeu qu’elle estimait m’être destiné. Elle avait rencontré un inconnu l’après-midi. Il lui avait vendu un nouveau jeu qu’il avait trouvé en Hongrie. Il l’avait appelé le Rubik’s cube. Sabrina pensait qu’un tel cadeau était à ma hauteur. Je crois qu’elle me considérait comme un génie. Elle me disait souvent : « tu es génial ». Ce n’était pas pour les discussions que nous avions. Je lui laissais toujours le loisir de parler. J’aimais l’écouter. Un soir, elle avait glissé un poème sous ma porte. Juste quelques mots pour me dire que dans mes yeux, elle avait pu découvrir qui je suis.

J’avais passé des mois à regarder mes yeux dans le miroir. Je n’avais rien vu, rien découvert. Il était devenu évident que je n’arrivais pas à me voir. Mes regards reposaient sur le monde, mes regards reposaient sur Sabrina. Ils ne pouvaient se refléter. Pouvais-je même réellement me regarder dans les yeux ? En un poème, Sabrina m’avait encouragé dans ma quête. Je devais réussir à percevoir dans mes reflets ce que Sabrina avait toujours vu. Peut être le verrais-je dans l’océan ?

Ainsi, le soir de mon anniversaire, elle m’avait offert un « casse-tête », comme elle m’avait dit avec ses petites étincelles dans les yeux. Je l’avais trouvée belle ce soir-là, rayonnante. Je l’avais aimée davantage. Elle m’avait pris le jeu des mains. Elle avait mélangé  les faces multicolores. Elle m’avait dit : « je sais que demain matin, tu auras réussi ». Malheureusement, elle ne savait pas encore que je partais.

Je tenais le Rubik’s cube. Je partais demain. Je ne pouvais réussir cette nuit-là. C’était au dessus de mes forces. Une multitude de souvenirs me traversaient l’esprit. Je pensais à Frank, Anna et Sabrina. Ils me laissaient partir sans essayer de me convaincre de rester. Je ne m’attendais pas à cette réaction de leur part. Pourtant, j’étais persuadé de les connaître. Peut-on vraiment connaître entièrement une personne ? Sabrina, savait-elle vraiment qui je suis ? Le lendemain, ils allaient me regarder choisir ma direction, le sac à dos sur les épaules. J’avais compris à ce moment qu’ils étaient une vraie famille. Ils m’avaient offert l’amour. Je les aimais. Je les aime. Ils avaient probablement toujours su que je partirais, telle la suite logique de mon passé, de mon présent, d’une ancienne vie que certains avaient nommée « sauvage ».

J’avais réfléchi toute la nuit. Le Rubik’s cube dans les mains que je tournais dans tous les sens. Je le fixais. Je le voyais sans le regarder. Quand je sentis qu’il était bientôt l’heure du petit-déjeuner. L’heure du lever de Sabrina. Ce moment qui me réveillait tous les matins : l’ouverture de la porte de sa chambre. Ce tout petit grincement suivi d’un petit clac qu’elle tentait toujours de faire discrètement. Je me mis à regarder sincèrement le casse-tête. Quelques minutes après, sans en avoir eu conscience, les six faces étaient de couleurs unies. Peu de temps après, j’entendis la porte de Sabrina, je bondis du lit dans l’espoir de traverser le couloir avec elle jusqu’à la cuisine. J’étais devant la porte de ma chambre fermée, les six faces de couleurs dans la main. Un bruit inhabituel se produit au moment où j’allais ouvrir la porte. Je l’entendis frapper. Avant ce jour, jamais Sabrina n’avait osé me déranger dans mon intimité.

Par DesLyres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Derniers Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Créer un Blog

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus