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Lundi 4 février 2008










La vengeance est une affaire de famille.
(titre provisoire)



Par Audrey








Par DesLyres
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Lundi 4 février 2008



« aaaaaaaaïïïïïïïeeeeeeeeeeeeeee!!!!!!!!!!!!!!-aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhh »

Vincent se réveilla en sursaut. Il se redressa sur son lit, alerté par les cris stridents de petites filles qui ne s'arrêtaient pas. Soudain on tambourina la porte de sa chambre fermée à clé.

« Vincent! Vincent!! Réveille toi ! Liv est en train de mourir!!!

_ Quoi???!!

_ Vincent! Vincent! Vincent! Vincent! Vite! Vite! Vite! Vite! Vite!... »

Il se leva d'un bond, mis un pantalon à toute vitesse, manquant de se casser la figure pendant que la petite voix continuait de crier son nom. A peine eut-il ouvert la porte qu'une petite main, celle de sa soeur Coralie, attrapa la sienne et le tira dans le couloir de l'appartement jusqu'à la porte de la cuisine. Il découvrit alors la scène avec stupéfaction: Liv, le visage ruisselant de larmes, tenait son bras droit avec douleur, du sang s'écoulant de celui-ci.

« _ Coralie! Va vite me chercher la trousse à pharmacie!

_ D'accord!!

_ Mais qu’est-ce qui c'est passé Liv? Demanda Vincent en prenant la petite fille dans ces bras pour la rassurer.

_ Ben comme maman est pas là j'ai essayé d’faire ma piqûre mais comme j'y arrive pas j'ai demandé à Coralie. Elle m'a fait mal. Répondit-elle d'une voix penaude, au bord des larmes.

_ Voui mais je sais pas comment faire moi! se défendit Coralie »

Vincent demanda à celle-ci de lui donner un pansement et de quoi désinfecter la plaie. Pendant qu'il soignait sa soeur, elle ramassa le stylo injecteur d'insuline qui avait atterri sous la table et le tendit à son grand frère.

« Pose ça sur la table s'il te plaît...Mais comment t'es-tu habillée?? »

Coralie fit mine d'être surprise, remettant sa couronne de princesse en place.

« Ben quoi? Elle pas jolie ma robe de sorcière ? 

_ Va réveiller Manon s'il te plaît, soupira Vincent, exaspéré.

_ D'accord chef! »

Coralie fit le salut militaire et courut vers la chambre de sa grande soeur...

Par DesLyres
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Dimanche 10 février 2008



Manon dormait paisiblement, encore habillée, le bras droit pendant par dessus le lit, sa main frôlant le livre qui était tombé à terre. Elle avait été tellement prise par l'intrigue mais était si fatiguée qu'elle s'était endormie en lisant, la lumière encore allumée. Et le pauvre livre gisait à terre, ouvert sur le sol, certaines de ces pages s'étant cornées à cause de la chute. Mais il fut bientôt venger car un ouragan entra en trombe dans la chambre de la jeune fille.

« _ Manon! Manon! Manon! Réveille toi Liv à faillit mourir!

_ Hein??, fit-elle en luttant pour émerger. 

_ Aller! Aller! Aller! Manon réveille toi! Manon! Manon! Manon! ,cria la petite fille.

_ Oh la ferme!!!! »

Coralie se stoppa d'un seul coup, ouvrit grand la bouche inspira pendant cinq bonnes secondes et s'exclama:

« _ T'a dit un gros mot! Han!! Vincent! Vincent! Vincent!... »

La petite fille sortit en courant de la chambre, criant toujours le prénom de son grand frère. Manon passa ses mains sur sa tête puis s'affala sur son lit. Coralie hurla son nom, en réveillant sûrement la moitié de l'immeuble. La jeune fille se leva donc péniblement, massa son ventre que son corset meurtrissait, lissa sa jupe en velours noir et rejoignit la petite famille dans la cuisine. Vincent aidait Liv, qui avait un gros pansement au bras, à prendre son petit déjeuner pendant que Coralie jouait avec le petit jeu du paquet de corn-flakes.

« Qu'est-ce qui c'est passé Vincent?

_ Coralie a essayer de faire la piqûre à Liv. Ca c'est arrêté de saigner mais je l'emmènerai quand même chez le médecin après manger.

_ J'ai pas fait exprès de lui faire mal!! s'écria l'intéressée.

_ C'est bon calme toi un peu Co... mais comment t'es habillée toi?? Pourquoi t'a mis ta robe de sorcière?

_ Ben toi aussi t'es habillée en sorcière! »

Manon jeta un regard noir à sa soeur qui se mit en pleine contemplation du fond de son verre de jus d'orange pour le fuir.

«_ Si j'ai bien compris je dois l'accompagner à l'école.

_ Tu dois les accompagner toutes les deux à l'école normalement. Le temps que maman...

_ Ok! Ok! Ça va j'ai compris. Je suis désolée je me suis endormie comme une masse hier soir, j'ai pas eu le temps de mettre mon réveil. Je vais aller changer de haut ce corset me tue les côtes et Coralie toi tu as intérêt à te changer aussi sinon je ne te laisse pas voir les dessins animés pendant une semaine! »

Sous cette menace, la petite fille se précipita vers sa chambre.

« J'ai la tête qui tourne... » fit la petite voix de Liv. A peine Vincent se tourna vers elle qu'elle perdit connaissance, lui laissant juste le temps de la prendre dans ces bras.

Par DesLyres
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Samedi 1 mars 2008

« Liv! Liv!...

_Arrête de me secouer! J'me lève!!! »

La petite fille ouvrit les yeux et remarqua qu'elle ne se trouvait pas dans sa chambre mais dans les bras de son frère sous la table de la cuisine. Sa grande soeur Manon parlait à Vincent mais elle avait du mal à comprendre ce qu'ils disaient: elle se sentait patraque. Soudain la douleur à son bras se manifesta lorsque Vincent le plia pour aider sa soeur à se redresser.

«_Arrête! Ça fait mal!

_ Merde le sang continue de couler malgré le pansement, je l'emmène aux urgence immédiatement!

_Tu es malade Vincent! Tu vas mettre deux heures pour y aller! Appelle le SAMU!

_Mais je prend la voiture!

_C'est Maman qui...

_Ah , oui c'est vrai. Va me chercher le téléphone, je vais poser Liv sur le canapé. »

La petite fille, portée par son grand frère se sentait comme une princesse sauvé par un prince charmant, mais manqua de s'évanouir de nouveau. Tout lui semblait flou, tout tournait comme si elle était sur un manège. Son frère trébucha sur quelque chose, jura et la déposa sur le canapé qui servait habituellement de lit à leur mère. Coralie, qui venait tout juste de finir de se changer cria que Liv était en train de mourir avant de se faire jeter hors de la pièce. Vexée, elle alla bouder dans la cuisine, manquant de peu de rentrer dans Manon qui arrivait au salon le téléphone à la main.

« _Tiens. Je ne sais plus quel numéro il faut faire. Qu'est-ce que tu as au pied?

_J'ai marché sur un truc posé sous le canapé, je ne sais pas ce que c'est. », dit Vincent en se massant le pied. Il prit le téléphone et appela les secours. Manon regarda sous le canapé et vit une boîte dépassant du bord de celui-ci. Elle la sortit et l'ouvrit. L'intérieur était en velours et contenait un rasoir en argent massif d'une autre époque. Manon fit une mine étonné, se demandant ce que sa mère faisait avec un tel objet caché sous son lit, puis une lueur étrange passa dans ses yeux.

« _C'est bon, ils arrivent.

_Hein?, fit-elle en refermant d'un coup sec la boîte.

_Les secours.

_Ah, d'accord... Je... Je vais emmener Coralie à l'école.

_Et va au lycée par la même occasion. »

Manon remis la boîte sous le canapé, releva la tête et jeta un regard suppliant à son frère.

« _Mais...

_S'il te plaît Manon. C'est pas le moment, maman n'est pas là...

_ Oui mais, j'ai vraiment pas envie, je...

_Manon il faut aller à l'école, comme ça après tu seras très intelligente et tu pourras devenir écrivaine et j'pourra lire tes histoires... »

Manon sourit à sa petite soeur, lui caressa le visage, souffla un d'accord et partit se changer. Vincent alla chercher une couverture et couvrit Liv avec, lui donnant un baiser sur le front au passage. Ils entendirent des cris dans la cuisine lorsque Manon demanda à Coralie de mettre d'autres chaussures que ses chaussons-nounours pour sortir. Puis la porte d'entrée claqua, laissant le calme dans l'appartement.

Par DesLyres
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Dimanche 2 mars 2008



Manon marchait à grand pas dans la rue qui menait à l'école lorsqu'elle remarqua que Coralie ne la suivait plus. La jeune fille se retourna et vit sa petite soeur à une dizaine de mètres marchant à deux à l'heure.
« Hé! Coralie dépêche-toi! On va être en retard! Marche plus vite!
_T'a qu'à me porter!
_N'importe quoi! Allez grouille!
_Rien ne sert de courir il faut partir à point.
_Hein?
_C'est dans la poésie que la maîtresse nous a appris! Y a le lièvre qui se fait battre par la tortue car...
_Aucun rapport, allez dépêche! »
Manon prit sa soeur par le bras pour lui faire accélérer le pas. Celle-ci protesta puis éclata en sanglot.

« _Qu'est-ce qu'il y a encore?!!
_Liv va peut-être devenir morte! »
Manon soupira, s'agenouilla pour être à la même hauteur que sa petite soeur et posa ses mains sur ses épaules.
« _Bon. Ecoutes moi-bien. Il y a des gens qui ont l'habitude de soigner les autres qui vont venir s'occuper de Liv, elle sera en pleine forme après. Si tu veux, je viens te chercher à midi pour que l'on mange ensemble et voir si elle est déjà rentrée, d'accord?
_Voui... , répondit Coralie, tout en reniflant et enlevant ses lunettes pour essuyer ses larmes.
_Mais pour ça il faut que l'on court jusqu'à l'école pour que tu puisse prévenir ta maîtresse que tu ne mangeras pas à la cantine. Ok??
_D'accord. »
Manon prit sa main et elles se mirent à courir en direction de l'école.

La jeune fille arriva à son lycée avec presque une heure de retard. Elle se rendit directement devant la salle de français, attendant la fin des premiers cours. La sonnerie retentit, accompagnée du va et viens d'élèves à peine plus réveillés les uns que les autres. Manon entra dans la salle, seule car les autres élèves de sa classe n'étaient pas encore arrivés. Elle s'assit au fond, près de la fenêtre, gardant son sac dans ses bras.
« Tiens! Une revenante! » Fit la prof de français.
Manon sourit faiblement, allait dire quelque chose mais se ravisa lorsque ses premiers camarades arrivèrent. Un des jeunes lança que la sorcière était de retour dans la classe, son crétin de copain rit à sa blague avant de se cogner lamentablement contre une table, ce qui reporta l'hilarité générale de la classe sur celui-ci.

« Nan!! Manon t'es là! »
Clémentine, une bonne amie de la jeune fille, s'assit juste à côté d'elle, posa bruyamment son sac sur la table avant de déclarer d'un air joyeux:
« Il faut que je te dise quelque chose! »

Par DesLyres
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Mardi 4 mars 2008



«_Quoi?, demanda Manon.

_ Je suis célibataire depuis une heure!

_Ah bon?

_Oui, je suis allée voir Nico tout à l'heure devant le portail du lycée. Je l'ai pris à part et je lui ai dit que j'en avait marre de son esprit tordu, que je ne le supportait plus et que je ne voulais plus essayer de recoller les morceaux. _Et qu'est-ce qu'il a répondu?

_Ben..., fit Clémentine d'un air gêné. Il est entrer dans une colère folle et m'a dit qu...

_Clémentine et Manon s'il vous plaît!, héla leur prof de français. Manon je ne pense pas qu'il est dans votre intérêt de ne pas suivre le peu de cours auxquels vous êtes présentes! Pour la peine lisez moi le passage que vous aviez à étudier pour aujourd'hui »

Manon se mit à angoisser. Elle n'avait pas fait le travail demandé pour la simple raison qu'elle ne pensait pas se rendre en cours ce jour-là. Elle dût emprunter le livre de Clémentine et lorsqu'elle eut finit la lecture de l'extrait des Métamorphoses d'Ovide, l'enseignante lui demanda de répondre à la première question. Manon hésita, se sentant mal à l'aise mais fut sauvée par l'alarme incendie qui retentit. Tout les élèves sortirent de la salle, se rendant dans la cour pour l'exercice de sécurité. Manon en profita pour demander à Clémentine de lui raconter la suite de son histoire.

« Ben, il m'a dit que c'était toi qui m'avait sûrement monté la tête, que tu n'étais qu'une mythomane, et que tu faisais tout pour lui nuire. Puis il m'a suppliée de rester avec lui.

_Eh ben, c'est flatteur! Il n'a pas compris qu'il t'épuisait avec ses sautes d'humeur insupportables?

_Apparemment non. J'allai lui dire d'aller se faire voir quand ça a sonné. Tiens, au fait, pourquoi tu es venue avec une heure de retard? C'est bizarre que tu ne sois pas allée en histoire, c'est le seul cours où tu te sens bien d'habitude., s'étonna Clémentine.

_Je sais. Ma petite soeur s'est blessée avec son pistolet à insuline, il a fallut appeler le SAMU et j'ai dû accompagner mon autre petite soeur à l'école.

_Mince! C'est laquelle qui s'est fait mal?

_Liv.

_La petite rousse?

_Oui. Vincent est resté avec elle. J'espère que ça va aller pour lui, il n'a du dormir même pas deux heures. Il est sûrement rentré à 5h du mat à cause de son boulot.

_Tiens, je ne savais pas qu'elle était diabétique, la pauvre. C'était grave?

_Ben un peu quand même, son sang ne s'arrêtait pas de couler. C'était pas fort mais bon...

_Ah merde.

_J'espère qu'elle va bien., soupira Manon

_Oh ne t'inquiètes pas., la rassura Clémentine. Je pense qu'à l'hôpital ils vont bien s'en occuper. Mais elle n'était pas là ta mère?

_Non. Cela fait trois jours qu'elle n'est pas rentrée.

_Elle est partie où? »

Le visage de Manon s'assombrit.

« Je ne sais pas. Je ne sais pas où elle est. Elle ne nous a même pas prévenu qu'elle partait. Il n'y a plus que moi et Vincent pour s'occuper des petites. »

Par DesLyres
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Dimanche 9 mars 2008



Le coup de klaxon la fit sursauter. Elle s'était de nouveau égarée dans ses pensées. Elle enclencha la première vitesse, mais était si nerveuse qu'elle lâcha l'embrayage trop vite et cala. Une longue série de klaxons retentit.

« Bon, tu la bouges ta caisse?! Tu veux que je t'apprenne à conduire?! Allez, bouge salope! »
Elle démarra, passa au feu orange et se fit doubler par le gars qui l'avait insultée et qui venait gentiment de lui faire un bras d'honneur.

« Eh ben! Vive la politesse!, pensa-t-elle. »
Elle tourna à droite, puis à gauche atterrissant dans une avenue complètement bouchée. Elle pesta, fouilla dans la boîte à gant, en sortit un paquet de cigarette. Un briquet tomba et elle dût se pencher pour la ramasser. On klaxonna. Elle se releva, maugréant contre ces crétins d'impatients, et roula jusqu'à la voiture précédente qui n'était qu'à quelques mètres. Elle alluma une cigarette qu'elle fuma d'un air absent.
Quelques minutes plus tard, elle était toujours dans le bouchon, écrasant sa deuxième cigarette dans un petit cendrier en pâte à sel et se décida d'allumer la radio. Elle changea de chaîne plusieurs fois, mais comme aucune ne l'intéressait elle fouilla de nouveau dans la boîte à gant, en sortit une cassette audio et la mis dans le poste de la voiture.
Une douce mélodie retentit, et la douce voix de la chanteuse retentit. Elle reconnut la chanson de Within Temptation, un groupe qu'écoutait beaucoup sa fille:

I held you tight to me
But you slipped away
You promised to return to me
And I believed, I believed


A l'écoute de ces paroles, elle ressentit un profond sentiment de tristesse et se mordit la lèvre, sentant les larmes monter à ses yeux. Elle se dégagea de la file interminable de voiture en empruntant une petite ruelle annexe. Elle roula pendant plusieurs minutes puis s'arrêta à la première place de parking disponible, près d'un parc. A peine le moteur fut coupé qu'elle fondit en larme, s'appuyant contre le volant. La chanson prit fin, laissant place à une mélodie toute aussi douce, The Neverending Story. Sa fille ne cessait de la chanter pour aider les deux petits bouts de choux à s'endormir le soir. Ses sanglots reprirent de plus belle. Elle éteignit l'autoradio, s'essuya les yeux pour se redonner une contenance mais ne put résister au sentiment de désespoir qui s'était emparé d'elle.
Comment tout cela avait-il pu lui arriver ? Qu'est-ce qui lui était passé par la tête pour qu'elle puisse agir ainsi ? Elle ne savait plus que penser, elle avait pris une décision, pensait pouvoir l'assumer, mais voilà qu'une simple chanson remettait tout en question.
Ses sanglots se calmèrent peu à peu. Elle réfléchit pendant plusieurs minutes, puis soudainement, attrapa son sac à main, en sortit son portable. Elle le fixa des yeux pendant plusieurs secondes, prit une profonde inspiration et tapa fébrilement sur son clavier.
« Allô ?... Vincent ?... C'est maman. »

Par DesLyres
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Mardi 11 mars 2008


Luna

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par Audrey

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par DesLyres
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Dimanche 16 mars 2008

La sonnerie de l'école retentit. Un flot d'enfants accompagné d'un brouhaha assourdissant se déversa dans la cour, se dirigea en courant vers le portail de fer forgé et stoppa devant celui-ci. Il s'ouvrit en grinçant, libérant les écoliers. Des enfants coururent jusqu'à leurs parents, certains entamèrent un jeu, d'autres essayèrent d'escalader la grille mais se firent réprimandés par la directrice qui surveillait le portail. Au milieu de toute cette agitation, Luna et  Armelle, 7 ans chacune, étaient en plein débat:

« Mais non! Les trolls ça aime pas la lumière, t'es bête toi!, s'exclama Luna. C'est un ogre qui a attaqué la fée Melba, il a tout cassé sa maison et lui a piqué sa liste d'enfants protégés. C'est pourquoi à ton avis?

_Ben j'sais pas mais les trolls ils ont des gourdins et pis la maison s'est peut-être fait cassé la nuit!, répliqua Armelle.

_Voui mais l'ogre, il a piqué la liste c'est pour trouver les enfants et les manger. Les trolls ça mangent pas les enfants et ça sait pas lire, donc il peut pas lire la liste.

_Mais c'est sûrement le troll qu'une sorcière a envoyé, et elle veut les mettre dans sa potion!

_Ah non jcrois pas là.

_Et ben c'est ça. C'est moi qu'a raison.

_Ah non.

_Ah si! »

 

Les petites filles se disputèrent à coup de si et de non, jusqu'à l'arrivée de la mère d'Armelle qui fut accueillie par un « maman! »:

«_ Et ben! Qu'est-ce qui vous arrive? demanda t'elle.

_On arrive pas à être d'accord si c'est l'ogre ou l'troll qui a cassé la maison de la fée Melba. répondit sa fille.

_ On a volé sa liste d'enfants protégés. compléta Luna.

_ Hum, hum... à mon avis c'est l'ogre. affirma la mère.

_Ah bon?

_Mais oui, c'est une évidence. Les ogres sont les principaux ennemis des fées!

_Ah tu vois que j'avais raison! S'exclama Luna

_Oh c'est bon. On peut pas...

_Oh, maman! » s'écria Luna

 

Elle courut vers sa mère qui venait d'arriver et se jeta dans ses bras. Les deux femmes discutèrent un instant puis la mère de Luna l'entraîna pour rentrer chez elles. Pendant qu'elles traversaient le passage piéton, luna se retourna et demanda à Armelle de penser pour le lendemain à un plan pour pouvoir retrouver la liste des enfants protégés par Melba.

 Arrivée sur le trottoir d'en face, Luna remarqua qu'une de ses barettes était tombée au bord  du passage piéton. Elle courut la récupérer. Elle entendit sa mère crier. Elle eut à peine le temps de voir la voiture qui arrivait sur elle que le  véhicule la percuta au niveau du phare. La petite fille fut projetée contre une voiture proche et se cogna violemment la tête contre le bord du coffre. Elle s'écroula par terre, inanimée.

Par DesLyres
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Dimanche 16 mars 2008

  Luna reprit conscience, elle essaya d'ouvrir les yeux mais se rendit compte qu'elle était face contre terre, sur une sorte de tapis. Une brise légère lui caressa le dos. Elle essaya de bouger les mains mais celles-ci lui semblèrent peser des tonnes. Elle renonça à bouger, elle se sentait très fatiguée. Soudain elle se rappela l'accident, devant l'école. Mais au lieu d'entendre les bruits de la rue, elle ne percevait que les bruissements du vent. Elle tourna la tête et vit qu'elle était dans l'herbe. Elle appela sa mère mais personne ne répondit.

  Luna se décida alors à essayer de se relever. Elle dut énormément forcer pour se redresser sur ses bras, se retourner puis elle se laissa tomber sur le dos.

   « Maman? Appela-t-elle d'un air inquiet. Maman? Armelle? Maman?? Maman??! Maman!!!!!!!!!! Hurla-t-elle »

  Comme seul le vent lui répondait, elle tenta de nouveau de se relever. Ses muscles semblaient sortir de leur torpeur. Ainsi, elle put se tenir assise mais fut stupéfaite par ce qu'elle vit. Elle n'était plus en ville. Au lieu des bâtiments de l'école et des immeubles aux alentours, elle se trouvait dans une immense prairie constituée de plusieurs petites collines. Quelques arbres se trouvaient à sa gauche, d'autres étaient parsemés par-ci par-là et elle apercevait le chemin que traçait une petite rivière.

« Maman, murmura la petite fille. »

Elle scruta l'horizon voulant apercevoir au loin la silhouette familière de sa mère ou même d'une autre personne. Mais elle était seule, toute seule.

A cette pensée la panique s'empara d'elle. Elle se mit à crier « Maman! Maman! » puis éclata en sanglot. Elle pleurait et criait en même temps.

 

  Elle dut hurler pendant environ une heure, sa voix était complètement enrouée et elle n'arrivait plus à appeler sa mère. Du coup elle s'était recroquevillée sur elle-même, continuant à pleurer, se sentant complètement perdue.

« Et ben, qu'est-ce qui t'arrive? »

Luna sursauta, émettant un cri enroué et se retourna violemment vers la personne qui venait de lui parler. Il s'agissait d'une jeune fille aux cheveux très longs et noir, habillée d'une longe tunique blanche qui la regardait d'un air peiné:

« Je suis désolée, lui dit-elle. Je ne voulais pas te faire peur, excuses-moi »

La jeune fille s'accroupit et posa une main sur l'épaule de Luna qui resta muette.

«_ Comment t'appelles-tu?

_ Luna.

_ Enchantée Luna, moi c'est Marlène. Comment es-tu arrivée là?

_ Je... je n'sais pas.

_ Ah bon? Il s'est passé quoi avant que tu n'arrive ici?

_ La voiture.

_ La voiture?

_ Oui. Elle m'a bousculée.

_ Ah, d'accord. Je comprends pourquoi tu es là alors. Viens avec moi, c'est dangereux de rester ici, je vais t'emmener chez Morrigan, elle habite près de l'océan, elle t'expliquera plein de choses.

Par DesLyres
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